‹ La nuitChapitre 64 sur 119 · EN WAGON · texte numérisé non relu

EN WAGON

Un triste enfant se meurt de voir Du coin du wagon qui Texile, Fuir, fuir l'inexorable file Des paysages dans le soir.

Site élu d'un poignant vouloir, Palpite un Eden qui rutile...

Passé ! Mon extase inutile Sombre dans Fombre sans espoir.

Quel crime pourrait, quel courage,

Arrêter le brutal voyage

Qui nous voue aux forts inconnus,

Quand Theure décevante abdique Les chers paradis entrevus Par rétroit carreau tantalique ?

EVOCA TION

Du fond d'un cœur meurtri j'évoque ton image, Cher enfant trop aimé que la vie assassine, O jeune front pensif, couronné de glycine, Penché sur le bassin où l'eau vive ramage !

Douce tête souffrante aux grands yeux de glycine, Dans l'onde, où maint oiseau surnaturel ramage. Mire furtivement ta lumineuse image Sans craindre que la brise en jouant l'assassine.

La forêt qui gémit d'un perfide ramage.

T'attire aux profondeurs de son ombre assassine : O reste à la lumière où, parmi la glycine, L'eau divine en chantant berce ta claire image !

Et quand viendront l'amour et la mort assassine, Les oiseaux merveilleux cesseront leur ramage ; Et mon chant triomphal saluera ton image, O mon royal enfant couronné de glycine I

ii8

Page 1