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FLEURS HUMAINES

Sur Teau d'ébène et d*améthyste Comme de larges nénufars, Les yeux tournés vers le ciel triste, Flottent des visages blafards.

Leurs tiges molles et charnues Sortent, conmie des serpents verts, Du fond des vases inconnues Où grouillent des monstres divers.

Têtes d'amour, têtes mystiques.

Têtes de rêve et de douleur.

Têtes sublimes et tragiques, Têtes d'adolescence en fleur,

Toutes pâlissent et se meurent Et, regardant le ciel sans fin.

Leurs yeux inconsolables pleurent La fange où naquit leur destin.

ESTHETES

O peuples vieillissants ! nous mourons d'esthétique. L'art supplante la vie en nos cœurs épuisés Et nous ne trouvons plus dans Tardeur des baisers Que le rappel savant d'un rêve poétique.

L'air frais ne gonfle plus notre poitrine étique : Il nous faut respirer des parfums composés Et le stérile effort de nos cerveaux usés Délire vaguement dans un brouillard mystique.

Tout, sentir et penser, est artificiel Pour l'esprit affaibli qu'un mal essentiel Frappe incurablement de dégénérescence.

Mais, sans même y songer, nous rampons à genoux Aux rayons du grand art chauffant notre impuissance Il a vécu pour nous ! Il a rêvé pour nous !

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