LE MEPRIS
Que douce est la douceur que donne un doux mépris! Pour la faute et le crime il est plein d'indulgence ; Il dédaigne l'insulte et laisse la vengeance Au cœur vulgaire atteint par les coups et les cris.
Ni crainte ni dégoût ! Sur les plus vils débris,
Dans les plus fiers palais grouille une même engeance.
Il faut tout pardonner, puisque l'intelligence
Plaint en le méprisant le mal qu'elle a compris.
Mépris, divin mépris, tu peux sauver le monde ! Il ne sait ce qu'il fait ! Répands sur lui ton onde, O source de pitié, de grâce et de bonté !
Oui, l'Amour est ton frère et ta sœur est la Force;
Tu marches au martyre avec sérénité
Et les croix t'ont caché sous leur sanglante écorce.