‹ La nutrition dans l'hysterieChapitre 4 sur 24 · ALLAI. IN- ET TERREUX · texte numérisé non relu

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Avant d'aller plus loin, il est nécessaire de dire quelle technique nous avons suivie.

Chez un malade habituellement sujet aux crises et mis en observation, la période d'analysé commençai* avec l'attaque elle-même pour se terminer 24 heures plus lard. L'attaque débutait-elle à 6 heures du soir par exemple, les urines de ce que nous appellerons La période tfattaque étaient recueillies à dater de 6 heures jusqu'à la même heure du jour suivant . Il est nécessaire d'opérer ainsi afin d'éviter certaines causes d'erreur, l'expérience nous ayant démontré que les troubles de nutrition ne commençaient on mieux ne se révélaient qu'avec la première miction qui suit l'attaque. A plusieurs reprises, en effet, il est arrivé que L'attaque survenait aussitôt après le change des bocaux renfermant les urines d'une période de 24 heures. Dans ces cas, l'analyse de l'urine des 24 heures précédanl immédiatement l'attaque ne nous a jamais révélé de troubles de nutrition. On eut donc risqué, en agissant autrement que nous L'avons fait, de mélanger des urines normales avec les urines pathologiques de la période d'attaque.

De même, l'urine des 24 heures consécutives à la période d'attaque s'est toujours montrée normale. Naturellement, nous avons toujours fait l'analyse de t'urine des 27i heures qui précédaient et qui suivaient La période d'attaque, quand nos investigations n'ont pas été pins étendues. Ceci nous permet déjà dédire, qu'au poinl de vue des troubles nutritifs, l'attaque convulsive est un véritable épiphénomène aigu.

On pourra s'étonner encore de nous voir répartir L'attaque sur une période de 24 heures d'analyse. Nous répondrons qu'il faut avoir à sa disposition, pour juger sainement, des quantités comparables entre elles et que

cette période de 24 heures est celle qui est adoptée pour l'état normal, terme de comparaison.

D'ailleurs, afin de préciser le plus possible, les malades, toujours étroitement surveillés, avaient à Leur disposition deux bocaux étiquetés: dans l'un était recueillie l'urine de la première miction, celle que nous appellerons urine primaire, dans l'autre, celle îles mictions consécutives, urine secondaire, la période d'analyse de 24 heures parlant toujours du début de l'attaque.

L'expérience nous a encore démontré qu'il était indispensable de recueillir l'urine des 24 heures, car, comme nous le tennis voir, les modifications nutritives s'étendent sur cette période qu'elles ne dépassent pas, du reste. Il demeure entendu que nos sujets ne présentaient, au moment de l'examen, aucun autre phénomène pathologique de l'hystérie susceptible de vicier la nutrition (anorexie, vomissements, etc.) en dehors des attaques convulsives. L'examen de l'urine des 24 heures précédant l'attaque était, dans ce cas,, notre meilleur garant.

Occupons-nous donc désormais, spécialement et exclusivement, des urines des 24 heures de la période d'attaque.

ce qui regarde leur volume, les renseignements fournis par les auteurs tendraient à démontrer qu'il y a toujours augmentation, « Lors des attaques de nerfs, 'i't Briquet (p. 485), il se fait une abondante excrétion d'urine; au lien de 125 grammes, terme moyen établi par M. Lecanu pour les urines ordinaires, les malades 'irineni quelquefois un litre d'un seul coup; au lieu d'avoir une couleur orangée, elles sont complètement incolores et claires, suivant l'expression des malades, comme de l'eau de roche. Au lieu d'avoir celle odeur si connue de bouillon, elles sont complètement inodores; elles n'ont presque plus que la saveur de l'eau, et leur

densité spécifique, au lieu d'être 1030, comme dans l'état normal, est exactement celle de l'eau. »

Ici encore il est utile de distinguer, si l'on veut éviter l'erreur. Certainement, dans le majorité des cas, nous ne disons pas dans tous, il v a polyurie, mais cette excrétion exagérée porte exclusivement sur la premier.' miction qui suit l'attaque, et non sur l'urine des 24 heures dont le taux semblerait plutôt être ordinairement inférieur au taux de la période normale, en y comprenant V urine de la première miction.

Pour élucider cette question, et après avoir constaté que, dans les 24 heures qui précédaient l'attaque, il n'y avait aucune modification quantitative (et qualitative) de l'urine, nous avons recueilli le liquide de la période d'attaque en deux fois, comme nous l'avons déjà dit : 1° l'urine émise aussitôt après l'attaque et constituant la première miction ; 2° l'urine des mictions consécutives des 24 heures. Alors qu'une miction normale oscille entre 150 et 200 grammes, nous avons constaté chez nos malades une quantité d'urine primaire pouvant aller jusqu'à 700 grammes (tabl. II, n° 5).

Dans plusieurs cas, la quantité d'urine émise lors de cette première miction a surpassé notablement le volume de l'urine du reste des 24 heures.

En moyenne, l'urine primaire nous a paru être le tiers de l'urine totale, chiffre très élevé, si l'on considère que la durée moyenne d'une attaque ou d'une série d'attaques dépasse rarement une heure (1).

(1) On sait, en effet, que l'attaque d'hystérie se compose dans la majorité des cas d'une série, d'attaques subintrantes ou séparées par de courts intervalles. Nous ne parlons pas en ce moment de

En ce qui regarde la quantité de L'urine totale (urine primaire et urine secondaire) des 24 heures de la période d'attaque, non seulement nous n'avons pas constate ([(Telle fût augmentée, mais encore, en faisant la moyenne dans nos dix cas représentant eux-mêmes une moyenne de 36 attaques, nous trouvons 1140 cent. c. pour une période normale de 24 heures, et 1014 c. c. pour la période d'attaque, La polyurie est donc relative et non absolue : elle est exclusivement représentée, lorsqu'elle existe, par l'urine de la première miction qui suit l'attaque.

L'intensité et la durée de l'attaque ne nous ont pas semblé avoir une influence marquée sur la production de la polyurie; au contraire même, car, dans deux cas. (tabl. 11, nos 2, 9) le volume de l'urine totale était très sensiblement tombé au-dessous du taux normal. Il existe incontestablement, dans la production de cette polyurie. di s influences qui nous sont encore complètement inconnues.

Les différences que Ton constate entre le volume des urines primaire et secondaire se retrouvent également en ce qui regarde comparativement leur aspect, leur odeur et leur densité. L'urine primaire est, comme l'avait indiqué Briquet, claire, limpide, d'odeur nulle; l'urine secondaire est jaune-citron; elle a l'odeur fade de l'urine normale. La densité de l'urine primaire est très faible, oscillant entre 1004 et 1010, la densité normale étant de M '1<S à 1020. La densité de l'urine secondaire, par suite de l'oligurie relative qui la caractérise, est, au contraire relativement considérable, 1025 à 1026. La densité de

l'état de mal qui peut durer pendant an jour entier ou plusieurs jours consécutifs.

l'urine totale est, en général, inférieure à la normale — 1016 en moyenne — ce qui, comme nous Le verrons en traitant du résidu fixe, tient à La faible quantité de celuici. La réaction de l'urine normale est acide, elle rougit franchement Le papier bien de tournesol : les urines primaire et secondaire ont une réaction acide très faible. A L'instar de la densité, cette faible acidité fait encore pressentir qu'il doit exister des modifications importantes dans la constitution chimique de l'urine totale.

Mais, on le comprend, le point capital de l'analyse réside tout particulièrement dans L'étude du résidu fixe. Chez nos 10 malades, les résultats ont été identiques: tous ont présenté une diminution très remarquable de ce résidu. On sait que chez les individus sains, et nous avons démontré que les hystériques leur étaient complètement assimilables, le résidu fixe oscille pour 1000 C. C. base de comparaison adoptée par les nrologistes (1), entre 40 et 52 gr. (Gantier, Yvon, Méltu. etc.). Chez nos dix malades, ce résidu fixe s'est constamment trouvé au-dessous du taux normal, allant du minimum de 29 gr. (tabl. II, n° 9) an maximum de M gr. (n° 1) avec nue moyenne de 35 gr. 38, alors qu'à L'état normal, chez ces mêmes malades, la moyenne, pour les 10 cas, donnait 46 gr. 86.

L'attaque d'hystérie convulsive proprement dite diminue doncd'iot tiers eu moyenne le poids du résidu fixe de l'urine des 24 heures.

L'analyse des divers, ou mieux des principaux êlé-

(1) Nous rappelons que, dans les exposés d'analyses, Le résidu fixe est ordinairement rapporté ù 1000 c. c: L'urée, les phosphates, par exemple, étant rapportés à la totalité du l'a rine excrétée pendant les 24 heures.

ments constituants ce résidu fixe, va surtout nous fournir des résultats de première importance.

En ce qui regarde Purée, les résultats sont encore concordants chez nos LO malades. Chez tous, l'urée de l'urine primaire el de l'urine secondaire, de l'urine totale, en un mot, est notablement inférieure à l'urée des 24 heures à l'état normal. Ainsi, alors que chez la femme, par exemple, l'urée oscille entre 1S cl 22 gr. dans les 2fi heures: dans 1rs 24 heures de la période d'attaque elle oscile entre lu (n° 3) et 17 gr. (n° 7) avec une moyenne de 13 gr. '21, la moyenne chez les mêmes sujets à l'état normal étant de20gr. 78. Des deux hommes, l'un (n° 1) excrète 11 gr. 96 pendant la période d'attaque el 23 gr. 90 pendant la même période normale; l'autre (n° 2) 10 gr. <»o pendanl l'attaque, 24 gr. 70 étant chez lui le faux normal. De [dus, nous avons noté, par l'analyse comparative, un l'ail 1res important. C'est que l'urine primaire, véritable urine de rattaque, qui représente généralement, avons-nous dit, le tiers de J'urine totale ou dos 24 heures, ne s • trouve (dus être, au point de vue de l'urée, que le dixième en moyenne de l'urine secondaire liai». III).

On voit par là combien l'urine émise aussitôt après l'attaque présente des caractères particuliers, laid au point de vue du volume que de l'urée qu'elle renferme. Mais on voit aussi que les troubles de la nutrition retentissent au delà de la première miction, qui peul avoir lieu aussitôt après une attaque qui n'a, par exemple, duré qu'une demi-heure, puisque, eu tanl qu'urée, l'urine secondaire ne sera nullement comparable a l'urine ''•mise pendant un même laps de temps normal. D'où la nécessité de faire porter l'examen sur l'urine des 24 heures, en tenant compte, bien entendu, des particula-

T able m 111 Analyses séparées des urines primaire et secondaire.

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