‹ La Pacification de La Cote d'Ivoire 1908-1915; méthodes et résultatsChapitre 4 sur 33 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Ce livre, je l'ai, en quelque sorte, écrit au jour le jour, tandis que se déroulaient les événements qu'il s'efforce d'exposer avec impartialité et précision. Mais je n'entendais le faire paraître qu'à l'heure où les résultats qu'il enregistre auraient subi l'épreuve du temps ou des circonstances, et pourraient être affirmés.

La guerre a précipité l'épreuve qui devait consacrer ou démentir la pacification de la Cote d'Ivoire : la plus grande partie des troupes a été retirée, près de la moitié du personnel européen mobilisé : l'obligation d'équilibrer désormais le budget, sans l'aide du Gouvernement général, nous a contraints à élever de 5 à 8 francs le taux maximum de l'impôt personnel ; cm fin il a fallu lever, d'octobre 1914 à février 1916, 13.500 tirailleurs, dont 7.900 au cours des quatre derniers mois.

Nous n'avons eu à déplorer aucun incident exigeant l'emploi de la force armée. Après 18 mois de guerre, la situation de la Côte d'Ivoire est restée excellente à tous les points de vue : politique, financier, économique. Jamais la tranquillité n'a été plus complète ; nos budgets continuent à se solder en excédent : nos exportations sont presque égales à la normale : et nos importations ne restent encore faibles (pie parce que les marchés d'Europe ne peuvent satisfaire aux commandes ; enfin européens et indigènes onl envoyé plus de 000.000 francs aux diverses souscriptions

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Je me crois par suite autorisé à publier aujourd'hui l'ouvrage que M. le Général Gallieni — dont les méthodes m'ont guidé el dont la haute et amical»4 bienveillance m'a réconforté à certaines heures difficiles — a bien voulu présenter au public en des termes qui accroîtront, si possible, la gratitude que je lui dois.

Je n'ai eu d'autre ambition que de retracer, pour tous ceux qui y ont pris une part activé, la grande tâche à laquelle, huit ans durant, nous nous sommes donnés tout entiers; de mettre en relief les principes dont je me suis inspiré, les met hodes devenues classiques, que j'ai simplement adaptéesà la situation particulière de la Côte d'Ivoire, cl appliquées inflexiblement : de réfuter les sophismes, notamment celui de la « Conquête pacifique » par lesquels on a., trop souvent, égaré les esprits el compromis les intérêts de la France coloniale.

Peut-être s'étonnera-t-on que je n'aie point traité de la complète morale du pays. Celle-ci s'est faite en même temps <pie la complète par les armes. Elle se manifestai! par la création de marchés, l'ouverture d'écoles et de dispensaires, la construction de routes, l'implantation de cultures nouvelles, le développement des plantations traditionnelles, l'assainissement des villes et villages, une mise en valeur plus intensive du pays, des conseils incessants donnés avec fermeté aux aborigènes afin de les amener peu à peu au bien-être matériel et à une vie morale plus haute et plus complète. Elle s'est traduite par des résultats, tangibles et indiscutables, dans tous les domaines. Si les SOU ci S H les obligations de nos taches nous (Ml laissent le loisir, i s tenterons, probablement, quelques-uns de mes collaborateurs el moi, de les exposer en détail.

Jamais je n mirais pu mener à bien ma tache si je n'avais rencontré, autour de moi, jusqu'aux plus lointains postes delà Colonie, dos dévouements intelligents et inlassables,

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que je renonce à énumérer tant ils sonl nombreux ; si des amis éminents et trèsehers, tels que MM. Eugène Etienne, Ghailley, Charles Humbert, Henry Bérenger, Boussenot, Cosnier... ne m'avaient soutenu de leur autorité ou de leur plume; si des chefs respectés comme MM. Milliès-Lacroix, Messimy, Jean Morel, Lebrun et Doumergue ne m'avaienl sauvegardé de ce péril de l'instabilité <|ui guette l'homme d'action aux colonies ; si enfin M. le Gouverneur Général Ponty, dont je salue avec émotion la mémoire de grand africain, ne m'avait pas, après les hésitations bien naturelles du début, donné dans l'ensemble un appui précieux. Qu'ils veuillent bien trouver ici l'expression de ma profonde gratitude (1).

Bingerville. 15 mars 1916.

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