‹ La pacification de MadagascarChapitre 33 sur 92 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

Le cercle engloba, au début, la région d'Anosibé, au sud de la route et sur la rive gauche du Mangoro, habitée par des lîetsimisarakas paisibles, région c{ui en fut détachée plus tard pour former une division administrative distincte. Sur la rive droite du Mangoro, il comprend le pays de Beparasy, de surveillance difficile, à cause de la proximité de la forêt.

Les Bezanozanos, d'un naturel apathique, avaient facilement accepté la domination hova ; ils cédèrent docilement

AnalamazaoU-a, village dans la forêt.

aux sollicitations venues de Tananarive et entrèrent dans la rébellion.

Leur pays est traversé par la route de Tamatave à Tananarive, qui y entre au col d'Amboasary et en sort au pont de la Mandraka. Notre premier souci devait être d'assurer la sécurité absolue de cette route. C'était surtout dans la partie comprise entre Analamazaotra et Moramanga, que se produisaient à ce moment les attaques contre nos convois : de petites bandes, armées de bons fusils, se formaient dans la vallée du Mangoro, au nord de Moramanga, pénétraient dans la forêt

et atteig-naieiit la route par des sentiers qui avaient échappé jusque-là à notre surveillance.

Le village d'Analamazaotra fut pres([ue entièrement détruit par un incendie, dans la nuit du 24 au 25 septembre, pendant le séjour qu'y faisait M. le général Yoyron, descendant à ïamatavc ; le lendemain, l'escorte journalière allant d'Ainpasimpotsy à Analamazaotra, fut vivement attaquée sous Lois au passage de la Sahantandra, et eut deux hommes blessés.

Quelques jours plus tard, un petit poste provisoire, détaché en ce point , fut attaqué pendant la nuit , et la ligne télégrapliique détruite sur une assez grande longueur.

Il était donc urgent de prendre des mesures pour remédier à cette situation.

Le général prescrivit d'entreprendre la construction, sur les points les plus dangereux, d'un nombre suffisant de blockhaus placés de manière à pouvoir se soutenir immédiatement en cas d'attaque. En outre, le service du génie dut procéder à de larges débroussaillements aux al>ords de la route, pour empêcher les embuscades.

Le chef de bataillon Noël, nommé au commandement du cercle de Moramanga, reçut à la date du o octobre, en même temps que la copie des instructions générales destinées aux commandants de cercle, une lettre ayant pour but de préciser la mission dont il était chargé.

Cette lettre a été donnée dans la 1'® partie. Voir page 59.)

Proicclion de la /i(/nc d' riaprs. — liamener une sécurité absolue sur la partie de la route comprise entre le pont de la Mandraka et le col d'Ainboasary : tel était le but à atteindre en premier lieu par le commandant Noël.

Deux sentiers partant de la })Iaine du Mangoro. au nord <h' Moramanga, donnaient accès dans la forêt (rAiialainazaolra, et permettaient aux rebelles de venir in([uiéter les convois. Ils furent barrés à leur débouché dans la plaine par deux blockhaus ( linalialsara cl Ainboliibcladina '.

Entre Aiialamazaotra et Moramanga, le poste d'Ampasimpotsy et trois blockhaus intermédiaires jalonnèrent la route, la divisant en sections de 4 à 6 kilomètres.

Des reconnaissances fouillèrent fréquemment la forêt.

Ces diverses mesures eurent pour conséquence qu'à partir du mois de décembre la route ne fut plus jamais insultée par les insurgés. Seuls, les convois d'argent et de munitions et les courriers postaux continuèrent à être escortés.

Enfin, la plaine de Moramanga fut surveillée au nord, à grande distance, par le poste d'Ambohidray, installé à la lisière de la forêt.

Sur la rive droite du Mangoro, entre Andakana et la forêt d'Ankeramadinika, la route fut surveillée par les postes d'Ambodinifody et de Sabotsy, et par deux blockhaus.

De ce côté, le cercle de Moramanga était en contact avec les cercles d'Ambohidrabiby et Ambatomanga ; l'existence de bandes nombreuses réfugiées dans la forêt nécessita des opérations combinées entre les trois cercles, qui ont été décrites dans les chapitres précédents et sur lesquelles nous ne reviendrons pas.

Secteur ctAnosibé. — La région d'Anosibé (rive gauche du Mangoro, au sud de la route d'étapes) est habitée par des populations de race betsimisaraka.

Un détachement de la M*' compagnie haoussa (lieutenant Grillo) y fut installé au mois de décembre.

Cet officier se conforma aux instructions données par le général au sujet de la « politique de races », en renvoyant en Emyrne le sous-gouverneur hova que les habitants supportaient difficilement, et en le remplaçant par un chef autochtone. Cette mesure produisit l'effet le plus salutaire ; les Betsimisarakas nous furent reconnaissants de les avoir délivrés du joug hova, et le secteur ne cessa de jouir du plus grand calme.

Aussi, le 2 mai, fut-il séparé du cercle de Moramanga

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