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III. — Province de Tuléar

Nous avions, depuis 1888, un vice -résident dans Tilot de Nossi-Vé, qui avait pris une grosse importance commerciale par suite de l'exploitation du caoutchouc dans le sud de Madagascar (1).

De nombreux traitants s'y étaient installés; ils s'y trouvaient à l'abri des attaques des pillards de la côte. Mais cette installation présentait de gros inconvénients : l'eau de source manque dans l'ilot, et le mouillage des navires n'est pas très sûr.

Aussi, le Résident général décida-t-il, au commencement de 1897, de transférer les établissements français à Tuléar, qui se trouve sur la terre ferme, à quelques milles au nord de Nossi-Vé, et qu'un long récif, orienté nord-sud, protège de la houle du large.

Tuléar devenait en môme temps le chef-lieu d'une province s'étendant du Mangoka à l'Onilahy et la base de notre extension dans l'intérieur.

Les peuplades qui haljitent cette province sont :

Les Saka/aves, qui peuplent la zone littorale appelée Fiherenana :

(1) Le caoutchouc récolté dans le sud de l'ile et exporté par Nossi-Vé et Fort-Dauphin, provient de Vlnlisy ou caoutchouc antandroy. C'est un arbuste d'une hauteur maximum de 6 à 7 mètres, sans feuilles, se ramifiant en tiges minces, d'un beau vert. Son aire géographique est limitée au sud et à l'ouest par la côte, au nord par lu rivière Fihercnana, à Test par une ligne tracée à quelques kilomètres à l'ouest du chemin de Fort-Dauphin à Tamo-Tamo.

L'intisy n'est connu que depuis 1891 ; malheureusement, dès que les indigènes ont su la valeur du produit tiré de cet arbuste, ils l'ont exploité sans aucune prévision de l'avenir, saccageant les jeunes plants comme ceux arrivés à leur pleine croLssance.

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PÉNÉTRATION DANS LE SUD DE l/lLE. 3lo

Les Baisas bnamouos, cantonnés sur la rive gauche du Malio, et dont le village principal est Ankazoabo ;

Les Antanosij émigrés, tribu venue de la province de Fort- Dauphin au milieu du siècle, et fixée sur la rive droite du moyen Onilahy.

Ces deux dernières peuplades sont d'un naturel tranquille ; elles ne demandaient pas mieux que de se rallier à notre cause, pourvu que nous les protégions efficacement contre leurs turbulents voisins.

Quant aux Sakalaves, dont le chef le plus influent se nommait Tompomanana, ils se montraient très hésitants, et il était évident qu'ils ne renonceraient pas, sans y être contraints par la force, à leurs traditionnelles habitudes de pillage.

M. le résident Estèbe réussit néanmoins, au mois d'avril, à imposer sa volonté à Tompomanana, relativement à la création d'un poste de milice près de sa résidence. Cette résidence, Andonaka, se trouvait un peu au nord de la rivière Manombo et non loin de reMil)ouchure. L'n autre poste — poste de douane — fut installé à Manombo, à l'emboucliure de la rivière; un troisième à Helimljoka.

Lorsque le Résident général s'arrêta à Tuléar et Xossi-Vé, les 19 et 20 juin 1897, un certain nondjre de chefs indigènes vinrent se présenter à lui, et parmi eux, Iinpoiuiinériiia. roi des Baras Imamonos.

Quant à Tompomanana, il ne se présenta pas. Cette abstention, rajjprochée de la mauvaise volonté que ce chef mettait à se conformer aux instructions du garde [)rincipal de la milice, Bligny, clief du poste d'Andonaka, ne laissait [)lus aucun doute sur ses véritables intentions.

Aussi, le général Gallieni envoya immédiatement des ordres pour faire transporter de Diego à Tuléar un détachement de tirailleurs malgaches et de disciplinaires.

Quelques jours après le départ du général, le garde lUigny

était lâchement massacré par les gens de Tompomanana (30 juin).

Aussitôt, M. Estèbe réunit à Tuléar les miliciens disponibles, sous le commandement de M. Laurant, commandant la compagnie de milice, auxquels se joig-nirent M. Bastard, explorateur du Muséum, de passage à Tuléar, et 21 colons français.

La petite troupe quitta Tuléar le 4 juillet et atteignit Manombo le 5, après une marche forcée de 70 kilomètres, puis elle se porta sur Andonaka, c^ui avait été évacué par les miliciens après le meurtre de leur chef; et, après une série d'engagements au cours desquels elle eut 1 milicien tué et 8 blessés, parmi lesquels MM. Estèbe et Bastard, elle enleva le village de Tompomanana et y M. BLIGNY, rétablit le poste de milice.

Garde principal de la milice. Mais les forces dont disposait

M. Estèbe ne lui permettaient pas de poursuivre à fond Tompomanana, il fallut attendre l'arrivée des renforts annoncés par le Résident général.

Ceux-ci débarquèrent le 1 1 août ; ils se composaient de la 6^ compagnie du 1®"" régiment malgache (capitaine Génin) et de 40 disciplinaires (lieutenant Boutonnet).

Après une série d'opérations entreprises du mois d'août à la fin de novembre, des garnisons furent installées à Manera (100 kilomètres de la côte, sur la route conduisant à Ranohira et Ihosy), Ankazoabo, résidence de notre allié Impoinimerina, Ankotofotsy, Itandraka sur l'Onilahy.

De nombreuses soumissions furent recueillies au cours de ces opérations , mais Tompomanana se montrait toujours irréductible : le 19 novembre, il tendit une embus-

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cade dans une gorge du Filierenana , à 35 kilomètres de Tuléar, à une petite colonne française, lui tua 2 hommes et en blessa 9(1).

(i) Le commandant Putz, sous-dief d'état-major du corps d'ociupatioii, fut envoyé en mission dans le sud de l'île à la fin de 1897. 11 s'abouciia avec les commandants des cercles et provinces du Betsiléo, des Baras, de Fort-Daupliin et de Tuléar. et leur communiqua les instructions du général Gallieni au sujet de la liaison à établir entre ces subdivisions administratives.

D'autres ofliciers complétèrent les résultats obtenus par les troupes en opérations, en procédant à la reconnaissance détaillée de certaines régions. C'est ainsi que le capitaine Lefort, de l'infanterie de marine, parcourut du 7 octobre au 16 décembre linmiense territoire compris entre la ligne Fianarautsoa — Fort-Daupliin et la côte orientale, au sud de Farafangana. Il visita, en particulier, les vallées, à peu près inconnues, de l'ionaivo et de lltomampy.

Le capitaine de Tluiy, de la légion étrangère, parcourut la vallée du Mangoka, de Fianarantsoa à la mer (septembre-novembre).

Les renseignements fournis par ces reconnaissances furent utilisés pour établir le plan de campagne de 1898.

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