V.J/0 Poupcent de la population orthodoxe en
qui les y poussaient faisaient miroiter à leurs yeux un plan tout préparé d'avance de colonisation dans les gouvernements de Smolensk, Twer, Orel et de la Sibérie méridionale. Au dire de la presse russe, les plans seraient en pleine voie d'exécution.
Il résulte de tout ce qui précède qu'après le départ des autorités et des armées russes de Podlachie et de Chelm, l'élément polonais catholique y gagna une prépondérance incontestable. La lutte entre la Pologne et ia P.ussie s'y est terminée par la complète victoire de la première et la disparition de la seconde, et tout ce qui s'y passe actuellement témoigne de Tardent attachement pour la Pologne de ces populations qui sont en marche vers un développement polonais intégral.
Passons maintenant aux Ukrainiens de Galicie, puisqu'ils nous y obligent en s'écartant de la vérité historique, et en basant leurs i-evendications sur de soi-disant droits, sans tenir compte en aucune manière des faits et de la situation actuelle.
Tout d'abord il n'y eut jamais, dans ces contrées, de question ukrainienne. La population ruthène de ces régions n'a jamais été soumise aux influence du nationalisme ukrainien renaissant, car les liens qui rattachaient la Ruthénie chelmienne, sans parler de la Podlachie, avec le reste des territoires ruthènes, ont été rompus depuis bien longtemps. Toute la population ukrainienne de Russie est orthodoxe et hostile au catholicisme, tandis que les Ruthènes de Podlachie et de Chelm sont demeurés des partisans décidés de l'Eglise uniate et, plus tard, du catholicisme. En outre, ce pays ne possède pas de classe cultivée, à tendances nationalistes ukrainiennes ; le rôle joué, en Podlachie et dans le territoire de Chelm, par des intellectuels ruthènes originaires d'Ukraine ou de Galicie, n'a pu que blesser la population
locale et lui inspirer une invincible répulsion. Car les agitateurs ukrainiens n'ont jamais rien fait en faveur de leurs compatriotes d'en-deçà du Bug; bien au contraire, ils prêtèrent largement leur concours aux mesures prises par le gouvernement russe en vue de détruire, par les moyens que l'on sait, leur individualité ethnique.
C'est même un des nationalistes ukrainiens, P. Kulisz, qui imagina l'expédient consistant à placer entre la Pologne et l'Ukraine le coin que forme la province de Chelm russifiée, afin de séparer pour jamais ces deux pays Tun de l'autre. Il agissait alors en qualité de grand manitou des affaires uniates, sous la haute direction de Czerkasski. L'agent principal des adversaires de TEglise uniate, en partie originaires de Galicie, fut l'ukrainophile Lebiendyncew. A côté des évêques ruthènes Kuziemski et Popiel, appelés de Galicie par le gouvernement russe, et dont la mission consistait à pousser l'Eglise uniate vers le schisme orthodoxe, une nuée de popes ruthènes de Galicie. les Haliciens, agissaient dans le même esprit. Ce n'était pas toujours des russophiles, mais souvent des nationalistes ukrainiens, qui se mettaient ainsi au service du gouvernement russe, éveillant la haine de la population indigène.
Au cours des quelque dix ans de lutte entre le synode russe et les «rebelles», les Ukrainiens ne donnèrent aucune preuve d'un intérêt quelconque à cette cause. Non seulement les Ruthènes de Podlachie et de Chelm ne reçurent jamais d'eux l'aide la plus minime, mais, au contraire, ils étaient considérés par eux comme un élément perdu sans retour pour la Ruthénie, ce dont se plaignait, par exemple, un Dragomanow.
Au reste, jusqu'en 1905,1e mouvement ukrainien était si faible, en Russie, qu'il n'aurait jamais pu avoir la moindre répercussion en ces marches lointaines, puisque
son influence, même sur la population la plus rapprochée des centres ukrainophiles, demeurait stérile. Après 1905, en Podiachie et en territoire de Chelm, on vit apparaître quelques Ukrainiens. C'étaient des instituteurs et quelques popes. Ils n'eurent aucune influence et ne réussirent pas à créer un mouvement. Grâce à eux, on vit surgir quelques associations ukrainiennes, mais qui n'ont pas laissé de traces.
Lorsque la question de la formation d'un gouvernement de Chelm fut soulevée par les autorités russes, les Ukrainiens russes et galiciens adoptèrent une attitude antipolonaise, se solidarisèrent de fait avec les agissements de Tévêque Euloge, fondant sur le projet gouvernemental toutes leurs espérances quant au développement dans les territoires de Chelm d'une question ukrainienne. La manifestation du Club ukrainien, au Reichsrath de Vienne, en fournit la preuve. Les Ukrainiens déclarèrent s'approprier ce projet dans tous ses détails. De nombreux articles du Diko, de la Rada, du Slowo, envisagent le projet officiel russe comme offrant l'unique solution de la question ukrainienne au pays de Chelm.
Aujourd'hui, les Ukrainiens de Galicie prêtent une vigilante attention à tout ce qui se passe en terre de Chelm et de Podiachie, s'efforçant, au moyen de multiples intrigues, de représenter ces provinces comme des territoires purement ukrainiens. Le conseil national d'Ukraine a déclaré que le gouvernement de Chelm, actuellement supprimé par les autorités d'occupation, était une conquête du nationalisme ukrainien. Tout ceci n'est vrai que sur le papier, car ce pays, qui possède une majorité polonaise écrasante et dans lequel on ne rencontre aucune aspiration séparatiste ukrainienne, n'entend servir, en aucun cas, de champ d'expé-
rience? pour l'activité ukrainienne. Lors de la régularisation définitive des problèmes locaux, les droits d'une mince minorité russo-rutliène devront être sauvegardés, mais cela ne peut rien avoir de commun avec les plans fantaisistes d'ukrainisation de ces contrées, préconisés par les agitateurs ruthènes de Galicie.
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Délimitation entre la Pologne et l'Ukraine, d'après le traité de Brzeac-Litewski
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au nom des partis démocratiques du Royaume de Pologne qui constituent le « Bloc des gauches »
F*R.OTESTA.TIOIM
au nom des partis démocratiques du Royaume de Pologne qui constituent le « Bloc des gauches ^ »
contre le Traité de Paix conclu le 9 février i9i8 entre V Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie et la Turquie d'une part et la Rada Centrale de la République Ukrainienne de Vautre.
Le traité de paix, conclu le 9 février 1918 à Brzesc- Litewski (Brest-Litowsk) entre la Quadruplice et les représentants de la Rada Centrale de la République Ukrainienne, sans la participation d'un délégué quelconque de la nation polonaise ou de l'Etat polonais proclamé par les Empereurs d'Allemagne et d'Autriche dans leur acte du 5 novembre 1916, sépare contre tout droit du territoire de Pologne et spécialement du Royaume de Pologne formé par le Congrès de Vienne en 1815, une contrée de 16.000 km^ environ, aveé un million d'habitants, polonais dans leur immense majorité.
Ces territoires se composent notamment :
* Cette protestation a été remise par le représentant de ces partis, M. L. Baranowski, en mains de M. le Président de la Confédération helvétique et de tous les envoyés diplomatiques à Berne.
1. de la Podiachie, réunie à la Pologne par acte de la Diète de Lublin en 1569, et après le démembrement de la République polonaise, incorporée au Royaume de Pologne, tel que l'avait formé le Congrès de Vienne, comme partie intégrante du gouvernement de Siedlce. et :
2. du pays de Chelm. appartenante la République polonaise dès Tan 1377, formant plusieurs districts du gouvernement de Lublin, dans ce même Royaume de Pologne du Congrès, (jui, en droit, est censé exister encore aujourd'hui.
La population catholique de ces territoires a courageusement conservé sa foi et obstinément maintenu sa nationalité polonaise à laquelle elle a toujours déclaré appartenir, malgré une oppression inouïe des autorités russes, qui voulaient la contraindre à embrasser l'orthodoxie.
Le gouvernement russe considérait si bien comme polonaise la majorité des habitants de la Podiachie et du pays de Chelm, de confession catholique, que pour soustraire la minorité orthodoxe, considérée par lui comme russe, à l'influence polonaise, il décida, en 1912, de détacher de ces deux contrées le gouvernement de Chelm et d'y mettre en œuvre le système de la russification à outrance. Pendant la guerre actuelle, après l'occupation de ces territoires par les armées austro-allemandes, les autorités d'occupation ont reconnu comme ukrainienne la partie de la population se rattachant à la religion orthodoxe et demeurée au pays, et inaugurèrent une agitation ukrainienne en se servant dans ce but des Ruthènes de Galicie. Il est à constater que le mouvement ukrainien n'a jamais existé antérieurement.
D'après les statistiques gouvernementales et anti-
polonaises russes en 1906, élaborées tout à l'avantage des orthodoxes considérés comme Russes, et d'après celles dues aux autorités d'occupation en 1917 à l'avantage celles-là des Ukrainiens, le rapport entre les nationalités polonaise et russe ou ukrainienne, s'établit de manière à démontrer irréfutablement, en vertu même de ces deux statistiques, la grande supériorité numérique de l'élément polonais.
La statistique russe, faite par le Synode orthodoxe, dans le but avéré de préparer la séparation du pays de Ghelm du Royaume de Pologne, établit comme suit la proportion entre catholiques (= Polonais) et orthodoxes^ (= Russes) dans les districts suivants :
DISTRICTS
Catholiques
Orthodoxes
Pays de Chelm (gouv. de Lublin) Ki'asnotaw
Zamosc
Bilgorav . . . ...
Chelm
Tomaszow . ...
Hrubieszow
Podlachie (gouv. de Siedlce)
Konstantynow
Biala . .
Radzvri
Wlodawa
* Nous faisons remarquer eu outre que le fait d'appartenir à la religion orthoiloxe ne démontre pas à lui seul et dans tous les cas la nationalité russe. Nous en voyons une preuve dans les enrôlements relativement nombreux d'habitants orthodoxes de la contrée dans les légions polonaises de Pilsudski.
La statistique allemande telle qu'on la trouve dans la publication allemande : Vôlkerverleilung in Weslrussland (Kowno 1917. Druckerei des Oberbefehlshabers Ost) concerne les districts attribués presque en totalité à l'Ukraine par le traité de Brzesc-Litewski.
DISTRICTS
Jlll
Tenitoiie annp.xé
Tomaszow . . .
eu totalité
Bilfforay . . .
à moitié
Zamosc ....
presque en totalité
Krasnostaw . .
partielleuient
Chelm ....
en totalité
Lubartow . . .
partiellement
Hrubieszow
en totalité
Wlodawa . . .
en totalité
Radzyn ....
presque en totalité
Biala
en totalité
Konstantynow .
presque en totalité
En se fondant sur cette statistique, les Etats centraux enlèvent à l'Etat Polonais au profit de l'Ukraine, des territoires dans lesquels le rapport des populations est
de 66,2 o/o de Polonais contre 33,8o/o d'Ukrainiens,
habités, par conséquent, par une forte et indiscutable majorité de Polonais. Le territoire annexé à l'Ukraine surpasse encore de beaucoup en étendue le gouvernement de Chelm tel qu'il a été formé en 1912 sur l'initiative du clergé et des nationalistes russes .
Enfin les stalis/iques aicfrichiennes entreprises par les autorités d'occupation indiquent dans le gouvernement de Lublin (pays de Chelm) seulement, un nombre de Polonais s'élevant à :
DISTRICTS