‹ La paix chez les bêtesChapitre 14 sur 27 · L'OURS ET LA VIEILLE DAME · texte numérisé non relu

L'OURS ET LA VIEILLE DAME

(Printcmpi 1914.)

MIDI et demi, l'heure des déjeuners parlementaires, dans un restaurant voisin de la Madeleine. A côté de nous déjeunent deux hommes de qui j'ignore les noms, mais il n'est pas difficile de prédire qu'à la fin de leur cigare, quand ils auront vidé leur tasse de café et leur verre de fine, ils passeront le pont pour aller s'enfermer en face, à la Chambre... Vêtus correctement, ils se tiennent mal, en gins qui ne connaissent d'autre* repos

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que les repas ; ils s*accoudent, s'asseoient de travers, jouent avec un couteau à dessert comme avec un coupe-papier, témoignent d'une indifférence absolue pour tout ce qui se passe autour d'eux — et ils par* lent politique, à demi-voix, d'un air prudent et excédé, non sans que j'entende des mots cent fois imprimés cette semaine, cent fois dits et redits par toutes les bouches : « Combinaison Viviani... démarche auprès de D oumergue. . . Peytral. . . Ribot. . . Bourgeois... »

Ils s'échauffent, et je puis surprendre, malgré moi, le sens de l'entretien.

— Des procédés de discussion, vous appelez ça des procédés de discussion, vous êtes poli...

— Je tâche...

— Us ne discutent pas, mon cher:

chacun pose son ultimatum, et sur quel ton ! On voit là-dedans des gens étonnants, plus catégoriques les uns que les

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