‹ La paix chez les bêtes [par] Colette (Colette Willy) Front. de SteinlenChapitre 49 sur 71 · CONTE POUR EES ENFANTS DES POILUS · texte numérisé non relu

CONTE POUR EES ENFANTS DES POILUS

dressa debout, pour montrer mieux le velours ruisselant de sa robe, les perles de glace pendues à ses raides moustaches, et dit, légèrement enrouée par le brouillard des étangs :

— Tu me vois, toute mouillée, toute brodée de glace? Touche-moi, et tu vas sentir, peu à peu, ma chaleur monter vers ta main, ma bonne chaleur égale, la chaleur de mon sang de loutre, bien défendu contre l'eau, la bise, le ruisseau qui charrie les glaçons... Tu la veux, dis, ma belle peau?

Elle parlait encore, que sa voix fut couverte par les grattements, les reniflements, les bavardages étouffés d'une foule quadrupède, dont les dos multicolores moutonnaient sous la lune jusqu'aux collines d'argent, jusqu'au nuage en fuseau couché sous les plus basses étoiles :

— Et nous, et nous, nous les mille et mille lapins bleus, lapins noirs, lapins

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