Gwatkin, Arian Controversy, p
LA PAPAUTE A SARDIQUE. 435
Les Orientaux ne voulurent rien entendre et quittèrent Sardique, de nuit, prétextant qu'ils venaient d'apprendre une grande victoire de Constance II sur les Perses^.
L'oligarchie eusébienne se reconnaît à ces laçons -. Invitée à un concile général, elle prétend le régenter. De peur d'être mise en minorité, elle fait sécession. Et l'on comprendrait encore qu'elle se retire, quitte à se soumettre de loin: mais elle se retire en lançant une lettre encyclique ^ par laquelle elle déclare maintenir la condamnation d'Athanase et de Marcel, et par surcroit excommunier tous ceux qui ont reçu à leur communion Athanase et Marcel : « Notre concile tout entier a condamné, selon la règle très antique, Jules de Rome, Ilosius et Protogène, Gaudentius ', Maximinus de Trêves, parce que c'est à eux que Marcel, Athanase et les autres scélérats doivent d'avoir été admis à la communion... Il a condamné Jules de la ville de Rome, auteur et cause de tous les maux [principrrn et ducem malorum), parce que c'est lui qui le premier a ouvert la porte de la communion aux scélérats et aux condamnés, et a entraîné les autres à enfreindre les lois divines''. » Il ne manquait plus aux Eusé-
\. AriiANVs. Hist. Arian. 16 et H. Apolorj. c. Arian. 48. Sozom. m, 1 1 . — L'empressement des Orientaux à fêter une victoire de leur empereur avait pour hut de couvrir leur résistance à la volonté des deuv princes qui voulaient la conciliation des deux épiscopats : . Ex scripiis nos imperatorum terrere putabant, ut invitos ad suam communionem traherent », disent les Orientaux. Hilar. n\, -2^2.
2. Athanas. Apolog. c. Arian. iS (encyclique des ortliodoxes de Sardique), description des façons dictatoriales des leaders des Eusrbiens, ils chambrent leurs collègues orientaux : deux, qui parviennent à leur échapper, se plaignent au concile de la violence qu!Us ont soufferte.
3. HiLAR. Fragm. histor. m, 1-29. Incipit : Est quidem nobis. I.a lettre a été lancée de Sardique,
'*. Gaudentius, de Naïssus Niscli).
o. Hilar, ibid, 27.
436 LA PAIX CONSTAXÏINIENNE.
biens qu'à faire des v(eux pour l'unité de l'Ég-lise : « Nous demandons continuellement dans nos prières, frères bien-aimés, que la sainte Eglise catholique, qui appartient au Seigneur, soit à l'abri de toutes les dissensions, de tous les schismes, et conserve l'unité de l'esprit ainsi que le lien de la charité dans l'orthodoxie de la foi... Nous demandons aussi que la règle de l'Eglise, la sainte tradition de nos pères, leurs décisions, restent fermes et inébranlables, et que de nouvelles sectes ou de perverses traditions ne viennent pas jeter le trouble parmi nous, surtout en ce qui concerne l'institution ou la déposition des évoques ' . » Ils étaient si inconscients des conditions de l'unité, qu'ils joignirent à leur encyclique un formulaire de foi, qui n'était pas le Nicaeniun, et qui était nouveau - . Ils adressèrent ensuite l'encj'clique et le formulaire à tous les évèques, prêtres, diacres et fidèles de l'h^glise catholique, en premier à Grégoire l'intrus d'Alexandrie et à Donat le schismalique de Carthage.
La sécession des Orientaux ne découragea pas la majorité de procéder régulièrement au concile. On reprit la cause d'Athanase, la cause de Marcel d'Ancyre, la cause d'Asldépas de Gaza : ils furent tous trois innocentés. On déposa et on excommunia les intrus qui avaient été intronisés à Alexandrie, à Ancyre et à Gaza. On alla plus loin, caria même peine fut prononcée contre les chefs eusébiens, l'évèque d'Antioche (Etienne), l'évèque de Césarée de Palestine (Acace), Tévêque d'Éphèso (Ménophante), l'évèque d'IIéraclée (Théodore), les deux évèques pannoniens Ursace et
1. Ibid. 1. Résumé de l'encyclique clans Sozom. m. Il, d'après Sabinos. Sciioo, p. 119-1-20.