‹ La paix du ménage: comédie en deux actes en proseChapitre 4 sur 94 · ACTE 1. SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE 1. SCÈNE I. i

MADAME DE SALLUS.

Vous êtes nerveux, aujourd'hui.

JACQUES DE RANDOL.

Non, mais je suis affamé de solitude avec vous. Vous êtes à moi, n'est-ce pas, ou plutôt je suis à vous ; eh bien ! est-ce que ça en a l'air, en vérité? Je passe ma vie à chercher les moyens de vous rencontrer. Oui, notre amour est fait de rencontres, de saints, de regards, de frôlements et pas d'autre chose.

Nous nous rencontrons, le matin,

dans Tavenue, un salut; nous nous rencontrons chez vous ou chez une femme quelconque, vingt paroles; nous nous rencontrons au théâtre, dix paroles; nous dînons quelquefois à la môme table, trop loin pour nous parler, et alors je n'ose même pas vous regarder, à cause des autres yeux. C'est cela s'aimer I Est-ce que nous nous connaissons seur lement?

MADAME DE SALLUS.

Alors, vous voudriez peut-être m'enlever?

C'est impossible, malheureusement.

.MADAME DE SALLUS.

Alors, quoi?

JACQUES DE RANDOL.

Je ne sais pas. Je dis seulement, que cette vie est très énervante.

MADAME DE SALLUS.

C'est justement parce qu'il y a beaucoup d'obstacles que votre ten^ dresse ne languit point.

JACQUES DE RANDOL.

Oh I Madeleine, pouvBz-vous dire cela?

MADAME DE SALLUS.

Croyez-moi, si votre affection a des chances de durer, c*est surtout parce qu'elle n'est pas libre.

JACQUES DE RANDOL.

Vrai 1 je n'ai jamais vu une femme aussi positive que vous. Alors, vous croyez que si le hasard faisait que je

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