ACTE I. — SCÈNE IIl. t
Je p*y suis plus.
MADAME DE SALLUS.
Je dis : « Combien vous a coûté, en trois mois, la plus charmante de vos maîtresses , en argent , bijoux , soupers, dîners, théâtre, etc., etc.; entretien complet, enfin?
M. DE SALLUS.
Est-ce que je sais, moi?
MADAME DE SALLUS.
Vous devez savoir. Voyons, faisons
le compte. Donnîez-vous une somme ronde, ou payiez-vous les fournisseurs séparément? Oh! vous n'êtes pas homme à entrer dans le détail, vous donniez la somme ronde.
M. DE SALLUS.
Madeleine, vous êtes intolérable.
- MADAME DE SALLUS.
Suivez-moi bien. Quand vous avez commencé à me négliger, vous avez supprimé trois chevaux dans vos écuries : un des miens et deux des vôtres ; plus un cocher et un valet
de pied. Il fallait bien faire des économies intérieures polir payer les nouvelles dépenses extérieures.
M. DE SALLUS.
Mais ce n'est pas vrai.
MADAME DE SALLUS.
Oui, oui. J*ai les dates; ne niez pas, je vous confondrai. Vous avez cessé également de me donner des bijoux, puisque vous aviez d'autres oreilles, d'autres doigts, d'autres poignets et d'autres poitrines à embellir. Vous avez supprimé un de
i06 LA. PAIX DU MÉNAGE.
nos deux jours d*opéra, et j'oublie beaucoup de petites choses moins importantes. Tout cela, à mon compte, doit faire environ cinq mille francs par mois. Est-ce juste?
M. DE SALLUS.
Vous êtes folle.
UADAME DE SALLUS.
Non, non. Avouez. Celle de vos cocottes qui vous a coûté le plus cher arrivait*elle à cinq mille francs par mois?