‹ La paix du ménage: comédie en deux actes en proseChapitre 67 sur 94 · ACTE II. SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE

conspect pour devenir tout à coup si hardi.

JACQUES BÉ RANDOL.

Vous ne me comprenez pas. Écoutez-moi. Quand j*ai senti que je vous aimais, j'ai pris vis-à-vis de moi et vis-à-vis de vous un engagement sacré. L'homme qui devient Tamant d'une femme comme vous, mariée et délaissée, esclave de fait et moralement libre, crée entre elle et lui un lien que seule elle peut dénouer.

Cette femme risque tout. Et c'est justement parce qu'elle le sait, parce

qu'elle donne tout, son cœur, son corps, son âme, son honneur, sa vie, parce qu'elle a prévu foutes les misères, tous les dangers, toutes les catastrophes,- parce qu'elle ose un acte hardi, un acte intrépide, parce qu'elle est préparée, décidée à tout braver : son mari qui peut la tuer et le monde qui peut la rejeter, c'est pour cela qu'elle est belle dans son infidélité conjugale; c'est pour cela que son Rimant, en la prenant, doit avoir aussi tout prévu, et la préférer à tout, quoiqu'il arrive. Je n'ai plus rien à dire. J'ai parlé d'abord en

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