ACTE II. — SCÈNE
incapable d'amour. D'ailleurs, mon cher, regardez autour de vous. Vous connaissez des liaisons, car on sait tout; pouvez- vous citer un seul .amour, un amour désordonné, comme il y en avait autrefois, inspiré par une femme de notre entourage? Non, n'est-ce pas? Gela flatte d'en avoir une pour maltresse, oui; cela flatte, cela amuse, et puis cela lasse. Regardez, au contraire, les femmes de théâtre, il n'y en a pas sne qui n'ait au moins cinq où six passions à son actif, des actes de folie, des ruines, des duels, des
suicides. On les aime, elles^ parce qu'elles savent se faire aimer et qu'elles sont des amoureuses, des femmes.Oui,ellesontgardélascience de conquérir l'homme, la séduction du sourire, une manière d'attirer, de prendre, d'envelopper notrecœur, d'ensorceler le regard, même sans être belles à proprement parler. Une puissance d'envahissement enfin qu'on ne retrouve jamais chez nos femmes.
JACQUES DE RANDOL.
Et la Santelli est une séductrice de cette race?