ACTE I. — SCÈNE I
JACQUES DE RANDOL.
Pardon. Je vous aime trop, tout mHnquiète.
MADAME DE SALLUS.
Toiit?
JACQUES DE RANDOL.
Oui^ tout.
MADAME DE SALLUS.
Êtes-Yous jaloux de mon mari ?
JACQUES DE RANDOL, stapAfkit.
Non... Quelle idéel
Eh bien ! vous avez tort.
JACQUES DE RANDOL.
Allons, toujours votre moquerie.
MADAME DE SALLUS.
Non. Je voulais môme vous en parler, très sérieusement, et vous demander conseil.
JACQUES DE RANDOL.
Au sujet de votre mari?
ACTK I. — SCÈNE I. 25
HABAME DE SALLUS, sérieuse.
Oui. Je ne ris pas, ou plutôt je no ris plus. (Riant.) Alors vous n*étes pas jaloux de mon mari ? C'est pourtant le seul homme qui ait des droits sur moi.
JACQUES DE RANDOL.
C'est justement parce qu'il a des droits que je ne suis point jaloux.
Le cœur des femmes n'admet point qu'on ait des droits.
MADAME DE SALLUS.
Mon cher, le droit est une choso
positive, un titre de possession qu'on peut négliger — comme mon mari l*a fait depuis deux ans, — mais aussi dont on peut toujours user à un moment donné, comme il semble vouloir le faire depuis quelque temps.
JACQUES DE RANDOL.
Vous dites que votre mari...
MADAME DE SALLUS.
Oui.
JACQUES DE RANDOL.
C'est impossible...