‹ La Palestine sous les empereurs grecs, 326-636Chapitre 183 sur 350 · LA RÉVOLTE DES MOINES · texte numérisé non relu

LA RÉVOLTE DES MOINES

Quelque temps après, les envoyés reparaissent appuyés, celte fois, par un détachement de soldats * ; TÉvêque appelle à son secours saint Sabas^. Il semble que le célèbre moine ait alors entrevu les dangers où tant de fatales complaisances allaient entraîner l'Église grecque et, pressenti le joug dégradant qui devait un jour peser sur elle. Il fait appel aux moines, aux solitaires, aux anachorètes ' ; accourt, à leur tête, à Jérusalem ; soulève le peuple ^; chasse les envoyés de Sévère' et, entraînant la foule jusqu'au parvis de la basilique du Saint-Sépulcre^, il monte sur les marches, et là, en face du peuple et des soldats ^ , prononce anathème à Sévère, à ses adhérents et à l'empereur Anastase qui le soutient. Les moines vainqueurs écrivent à l'évéque de Nicopolis en Epire, Alcison ®, partisan déclaré de l'orthodoxie et même de la réunion avec le siège de Rome, une lettre triomphante qui raconte la persécution hérétique en Palestine et sa défaite.

Mais révoque Hélias ne jouit pas longtemps de ce triomphe: le gouverneur de Palestine ^ entre à Jérusalem, à la tête de

4. Vie de saint Sabas, § 56. — Nicéphore^ xvi, 34. — Théophone, A. C. 504.

Page 1