II. Vie de saint Sabas
du nouveau bâtiment. L'architecte avait eu à lutter contre la nature du terrain :1a plate-forme de la colline était trop étroite pour les vastes proportions de l'édifice, elle pouvait à peine contenir le vestibule et la nef, et refusait de donner place à l'abside *. Mais un travail gigantesque suppléait à Vexiguité de l'emplacement : une immense terrasse, dont la base se perdait dans la plaine, s'élevait du côté de l'Est et venait ajouter à la plate-forme un prolongement artificiel ; portée sur ce vaste soubassement, l'abside était mise de niveau avec la nef et s'élevait à sa suite uniforme et contiguë ^.
Cependant, au milieu de cette magnificence, l'affaiblissement de l'Empire se trahit à chaque instant, tout devient difficile : faut-il des colonnes pour la basilique, on ne sait comment transporter les blocs de marbre étranger et les amener, des ports du littoral, jusqu'à Jérusalem^, on ne sort d'embarras que par la découverte d'une carrière de ce marbre rougeâtre qui, du reste, abondait dans les environs de Jérusalem*; s'agit-il de la toiture, on se demande, avec inquiétude, comment se procurer les cèdres du Liban ^, que Constantin avait si aisément fait venir pour la basilique du Saint-Sépulcre®? Il faut se contenter d'un bois de pins qui s'élevait à peu de distance ^ et que l'on décore pompeusement du nom de cèdres ®. Le temps même qiie l'on emploie à la construction décèle la décadence: on y met douze années^, il est