Rufin, I
royaume d'Italie, et que l'histoire nous montre toujours fatale aux fronts qui la ceignent ^
Cet heureux événement transforme les destinées de Jérusalem: la vieille capitale, oubliée dans les montagnes depuis près de deux siècles^, devient, en peu d'années, la plus riche et la plus célèbre ville de l'Orient^ : trois grandes Basiliques et plusieurs Églises s'y élèvent à la fois * ; les pèlerins y accom*ent de tous les points du monde ^ ; ses alentours se peuplent de monastères ^, et le commerce de toutes les nations se presse, chaque année, dans ses rues populeuses^. Mais surtout Jérusalem apparaît désormais, dans lliistoire, avec un caractère d'une sublime originalité : elle devient, pour le Bas-Empire , le refuge naturel et privilégié de toutes les grandes infortunes ^, on ne saurait mieux la comparer
1. Jttstus Fontaninos, Dissertatio de Coronaferrea Longohardorum, cap. i, §§ 1, 4, 7, 8 ; cap. X, § i ; cap. xi, §§ i, 3 (Romae , 1719). — Muratori , De Corona ferrea (Mediolani, 1719), cap. i, p. 2; cap. xvui^ pag. 139, etc. — Sigonius, Historiœ de regno ItalioBy lib. i, pag. 19,20, 23,27 (Hanoviae 1613).— Angelo Bellani, De Corona ferrea del regno d^Italia considerata : i'* Corne monumento d'arte ; 2** Corne monumento storico ; 3* Come monumento sacro^ memoria apologetica (Milano, distori, 1819, in-4^), c. il, pag. 52, etc.
2. Snlpice Sévère, Hist.y ii, 33. — Eusèbe, De LdÂudibua Constantini, c. ix.
3. Sulpice Sévère, n, 33. — Théophane, A. C. 521. — Malala, Chronogr.^ lib. XYin, col. 667 (Migne, Patrol gr.^ t. 97).
4. Eusèbe, DeLaudib. Constant,, c. ix. — Théodoret, In Ezechielem, c. 48. {Patrol gr.y t. 81, col. 1253). -- Sulpice Sévère, ii, 33. — Saint Paulin de Noie, Epi8t.32, § 4. — Nicéphore, vni, 30. — Cedren, Historiar. compend.^ col. 544.
5. Théodoret, J, 17. — Saint Paulin de Noie, Epist, 32, § 6. — Sozomène, iv, 5.
— Pallade, Hist. Lausicmte, c. 118 (Patrol, gr., t. 34). — Lettre de sainte Paule et de sainte Eustochie à sainte Marcelle^ §§ 9, 10 (Saint Jérôme, ép. 46, Patrol. W., t. 22). — Théodoret, Jn Isoîam, c. i, vers. ^(Patrol, gr.^ t. 81, col. 233).
— In Jeremiam, c. m, col. 524.— In Zachariam, c. ix, col. 1917. — In Psalmum, 132, vers. 14, col. 1909, 1 81 .
6. Vtta sancti Charitonis^ g§ vin, xi (Patrol, gr., 1. 115).— Saint Jérôme, Vita Hilarionis, § 24. (Patrol, lot,, t. 23).
7 . Âdaman, De Locis sanctis, lib. i, c. 1 (Patrol. lai., t. 88).
8. Zosime, v, 8. — Saint Jérôme, In Ezechiel, lib m, prœfat. — Evagre, Hist. eccl.y III, 21, 23. — Théophane, A. C. 464. — Procop. , Historia Arcana, c. m, xi.
qu'à nos Monastères de TOccident où venaient se rencontrer, à la fin de leur vie, ceux dont le monde avait trompé l'espoir fit ceux qu'ir avait comblés de ses biens. Ce caractère était si hautement leconnu que saint Sabas l'invoque dans sa fameuse lettre à l'Empereur Anastase et appelle Jérusalem l'asile et le refuge ordinaire de tous les malheureux *.
L'architecte Eustathe^, envoyé par Constantin, entreprend aussitôt, sous la direction de sainte Hélène et de rÉvêque^, la construction d'une vaste basilique qui devait renfermer, dans son enceinte, tous les monuments de la Passion *.
On isole du reste de la colline, le rocher où est creusé le Saint-Sépulcre , on enlève le terrain tout autour, et bientôt il ne reste plus que le bloc solitaire au miheu du terrain abaissé et aplanie Le petit vestibule qui, selon la mode juive, précédait le tombeau est retranché ^, et cette suppression donne à l'extérieur du Saint-Sépulcre la forme régulière d'un
— Cyrille de Scylhopolis, Vie de saint Sabas j § 53. — Cotellerius, Mmiutnetxta Ecclesiœ Grcecœ^ t. m. — Mœnea Grœcorum, Novembre, dies ix (Canisius Antiquœ lectiones).