‹ La Palestine sous les empereurs grecs, 326-636Chapitre 70 sur 350 · LES VILLES PAÏENNES · texte numérisé non relu

LES VILLES PAÏENNES

La réaction païenne, excitée Tannée suivante par Julien, ne troubla pas Jérusalem, tous les habitants étaient Chrétiens, et bien que la Basilique du Saint-Sépulcre fût bâtie sur Tancien emplacement dû temple de Vénus, elle ne se vit jamais menacée. Hais le reste de la Palestine fut peut-être, de toutes les parties de l'Empire , celle ou le paganisme expirant se redressa avec le plus de violence. Constantin et ses deux fils avaient bien aboli le paganisme * , et leurs ordres, exécutés en général par tout l'Orient', l'avaient été spécialement en Palestine^. C'est surtout dans notre province qu'il faut placer les dévastations que retrace Eusèbe, les temples abattus , les statues brisées ou emmenées captives à Constantinople^. Nous

1. Eusèbe, VU. Const., ii, 44, 45, 47, 48; ni, 54; iv, 23, 25, 39. - C. Th.y loi 24 (XVI, 10). — Théodore!, i, 1.

2. Ghastel, De la Destruction du Paganisme dans l'empire d'Orient (Paris, Cherbuliez, 1850, l'« partie, l*"* période, sect. 1,2).— Beugnot, Destruction du Paganisme en Occident^ t. i,pag. 70, etc.

3. Labastie, Mémoire sur le souverain Pontificat des Empereurs Romains (Académie des Inscript, ^ t. xv,pag. 93).

4. Eusèbe, Fit., m, 1, 54. —De Laudibus Constantini^ c. viii,ix.— Eunape, In A!!desiwn (Vit. Sophistarum , edit, Boissonnade. Paris, 1849; pag. 461).— Julius Firmicus Matemus, De Errore profànarum religionumf c. 21,(Migne, Patrol. lat,,i. 12). — Sozomène, n,5;ui,17.

en avons pour preuve le^ débris signalés , au fend de la Palestine, par les voys^eurs modernes ^ : des tronçons de colonnes, des portes mutilées , des inscriptions à demi-rompuës où Ton reconnaît avec surprise quelques vers d'Homère*, et dont les plus anciennes remontent au siècle d'Hadrien^. Par^ fois le nom d'un Empereur, soigneusement efiacé, pi:ouve que les orages lointains de la politique romaine avaient un édio dans ces lieux aujourd'hui si déserts ^. Cependant le paganisme se maintenait sur plusieurs points , il régnait toujours le long de la Méditerranée , sur les rivages de cette mer toute païenne qui lui apportait les souvenirs et les richesses de la Grèce. A l'exception de Majume ^, toutes les villes du littoral, Gaza«, Tabaath^ Anthédon«, Raphie% Béthélie*^ Ascalon ", Joppé s'obstinaient dans le culte des Dieux : les temples , toujours encensés^*, s'élevaient au milieu des villes, les camps^es d'alentour étaient peuplées de sanctuaires^^, et, dans de faibles bourgs, des temples magnifiques, chefs-d'œuvre de l'art Grec , s'élevaient avec leurs colonnades et leurs

i. Saulcy, Voyage autour de la mer Marte, 1. 1, pag. 319, 320, 339, 340, 343, 345. — Borggren, Itiner. Europ, et Orient.^ l. ii, pag. 98. — Rîchter, Itiner. en Syr. — Burchkardt, cités par Boeckius, Corpus inscriptionum Grcecarum, vol. 111, fascicule i, pars 26, sectio. 5, Palœstina.

Page 1