PAR M. ED. GRIFFON
Les plantes panachées ont été, par beaucoup d’auteurs, considérées comme malades, frappées de déchéance. Elles sont souvent plus petites que le type, plus sensibles au froid; elles croissent moins vite et durent moins longtemps, selon Treviranus; les phénomènes qui sont en rapport avec une suralimentation, tels que la duplicature des fleurs, ne s’observent le plus souvent pas en meme temps qu’elle, d’après Morren.
La question de la cause de la panachure est encore très obscure, mais il est cependant une opération horticole, le gref-
qui est susceptible de nous donner quelque lumière complémentaire.
De Candolle 1 , étudiant l’influence du greffon sur le sujet, déclare qu il n’en connaît aucun cas certain, bien que quelques
personnes admettent ce genre d action.
De Candolle, Physiologie végétale, t. II, p. 811, Paris, 1832.
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SÉANCE Dü 12 MAI 1911 .
Un fait, cependant, cité par Haies, et ensuite par Blair, Bradley, Laurence, Dupetit-Thouars etMoretti, semble infirmer la loi posée plus haut. Lorsqu’on greffe en effet un Jasmin à feuilles panachées sur un Jasmin ordinaire, les rameaux qui naissent sur le sujet ont les feuilles panachées (Wats, 1700; Fairchild, 1710).
Dans son Manuel complet du Jardinier , paru en 1827, Noisette rapporte qu’un de ses ouvriers ayant greffé en écusson des variétés panachées sur d’autres qui ne l’étaient pas, il constata, au printemps suivant, que l’opération avait été mal faite sur les trois quarts des individus. Néanmoins, ceux-ci donnèrent des pousses panachées.
Sageret, dans sa P ontologie physiologique (1830), cite le cas de la contagion de la panachure chez la Jasmin, mais il déclare n’avoir pas fait d’expériences à ce sujet.
La question de la contagion ou de la transmission de la panachure par la greffe est donc posée depuis longtemps. Je 1 ai reprise à Grignon ces dernières années, désirant surtout vérifier les résultats des auteurs anciens et de ceux qui les ont unités depuis ‘, et les étendre à d’autres plantes panachées.
Les essais que j’ai effectués au cours des années 1008, 1009 et 1910, les observations que j’ai faites çà et là se rapportent, les uns aux plantes colorées, c’est-à-dire aux plantes rouges ou panachées de rouge, de jaune, etc., les autres, aux plantes panachées proprement dites. Je ne parlerai que de ces derniers.
Greffes d’Abutilon. — Les Abutilons sont des herbes ou 'les arbrisseaux, rarement des arbres, de la famille des Malvacées, à feuilles très ornementales, cordiformes ou palmatilobees, a grandes fleurs de couleur jaune ou rougeâtre. Les uns ont des feuilles bien vertes, comme les Abutilon arboreum, A. venosum Paxt., A. vexillarium Ed. Morren, etc. D’autres, qui sont <le>