SYPHILIS
L'immense majorité des auleurs, on pourrait presque dire l'unanimité des auteurs, reconnaît un rôle prépondérant à l'action de la syphilis dans l’étiologie de la paralysie générale.
Cette action a donné lieu, surtout depuis quelques années, à un grand nombre de controverses, les uns la prétendant une cause déterminante, constante et nécessaire, d’autres la considérant simplement comme une cause très fréquente mais non nécessaire.
Malgré toutes les polémiques engagées depuis si longtemps, le problème est loin d'être résolu.
Les arguments abondent en faveur de l’une et de l’autre théorie. I n'est pas de notre compétence, et d'ailleurs, ce n'est pas notre but, de prendre position dans le débat, nous nous occupons seulement 1c1 des malades observés à l'asile de Rodez, et bien que presque tous soient, tout au moins, suspects de syphilis, nous n'oserions pas affirmer que tout paralytique est un ancien syphilitique.
Nous devons pourtant constater que la syphilis recherchée chez les autres aliénés est très rare dans l'Aveyron, alors qu'on la rencontre très fréquemment chez les paralytiques
généraux.
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Parmi les malades observés, 19, de leur propre aveu ou de celui de leur famille, ont eu la syphilis, et donnent des renseignements précis sur la date d'apparition du chancre et sur les accidents consécutifs.
Chez 6 autres malades, on se trouve en présence d'accidents déjà anciens, sans que l'on puisse rien préciser sur la date de l'invasion.
Chez 15 malades, elle est probable, étant donné le genre de vie mené par eux.
Dans 2 cas enfin, elle est énergiquement niée. Pour les autres, il à été impossible de se procurer des renseignements.
Chez la plupart de ces malades, la syphilis est antérieure de 8 à 10 ans au minimum au commencement des troubles paralytiques.
Le plus souvent, ils sont internés 15 à 20 ans après être devenus syphilitiques.
Il est un fait important à noter, et qui pourrait expliquer comment quelques-uns de nos malades nient avoir Jamais eu aucun accident spécifique, c'est que presque tous les paralytiques généraux syphilitiques n'ont eu antérieurement que des accidents légers, limités à la période secondaire.
Rares sont ceux qui avaient suivi un traitement réguler, les autres s'étaient au contraire à peine soignés à raison précisément de la bénignilé des accidents éprouvés.
Quelques auteurs ont pensé qu'il pourrait exister des véroles à malignité particulière, causant la paralysie générale,
ils se sont demandés si | « influence de la graine » n'aurait
pas une certaine action sur l'évolution de la maladie (1).
(1) D Morel- Lavallée et Bélières. — Syphilis et paralysie générale. Paris, 1889.