SCÈNE III
CLOTILDE, LAFONT
CLOTILDE
Voyez un peu que do prudence il faut avoir ; mon mari serait entré une minute plus tôt, j'étais perdue .
Un temps.
LAFONT
yous vous êtes moquée de moi.
CLOTILDE
Comment cela?
LAFONT
Avec cette lettre? (Eii^rïi.) Il eût été si simple de me la montrer tout de suite.
Ellfir
CLOTILDE
Je pensais qu'elle ne vous ferait pas plaisir, je ne me suis pas trompée. Et puis c'était un piège que je vous tendais. Je voulais savoir si vous vous arrêteriez à (emps.
Pour une autre fois.
CLOTILDE
Pour une autre fois précisément. Êtes- vous bote, mon ami, et malchanceux dans vos suppositions. Tenez, je veux bien faire quelque chose pour vous, quoique vous ne le méritiez guère. Mon mari ouvre toutes mes lettres, toutes, sans exception, je l'ai préféré ainsi, vous voilà tranquille de ce côté. Asseyez-vous et causons un peu, je vous en prie. Causons sans nous fâcher, n'est-ce pas ? Mon mari d'une part, vous de l'autre, c'est peut-élre beaucoup dans le même jour. Youlez-vous me dire quelle mouche vous pique et ce que signifie cette jalousie, qui pourrait devenir inquiétante? Ça vous a pris tout d'un coup, sans crier gare, aux environs du 15 janvier, (nia regarde, cie sourit. J'ai une raison pour me rappeler cette date.
LAKONT.
Quelle raison?
CLOTILDE
J'en ai une, ça suffit. Vous n'allez pas maintenant vous arrêter sur chaque mot. Allons, parlez un peu, je vous écoute.
LAFONT, après avoir liésilé.
D'où venez-vous?
CLOTILDE, riant.
C'est vrai. Je vous demande pardon, mon ami. J'oubliais que vous m'aviez fait celte question plusieurs fois et