‹ La Parisienne; comédie en trois actesChapitre 23 sur 59 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LAFONT, CLOTILDE, derrière la ponc.

LAFONT

Je suis entré, je ne sais pas pourquoi je suis entré, c'est encore une sottise que j'ai faite... Il faut me calmer et prendre mon parti d'une séparation nécessaire... (iln ne peut pas, à Paris, conserver une maîtresse un peu convenable ; ce n'est pas possible. Plus elle est convenable et moins on la conserve. A J'aurai une explication avec Clotilde, une explication sanglante!... ce sera plus gentil de ma part, et je la quitterai délinitivement... Je m'agite, je cours, je la cherche a droite pendant qu'elle s'échappe à gauche, à quoi bon? Qu'est-ce que j'apprendrais dé plus?... Ê^lle^st la maîtresse de ce M. Mercier, c'est clair comme le jour .^Depuis quand? quel avantage aurais-je à lo savoir? Pourquoi? Ah! pourquoi? Je serais bien embarrassé de dire pourquoi. Elle ne l'aime peut-être pas, c'est une consolation. . .Hju'est-ce que je vais faire? Si Adolph* était là au moins, nous aurions fini la journée ensemble J C'est vrai. Quand le cœur me manque et que Clotilde m'a mis sens dessus, sens dessous, c'est encore avec son naçiri que je me trouve le mieux. Je me sens moins seul/ La^ position d'Adolphe me console un peu de la mienne ;y elle est moins bonne; certainement elle est moins bonne. Si Clotilde ne me doit rien, ajfès tout, elle a de bien grands torts envers son mari... Je suis bien fort, pour juger sévèrement sa conduite, quand je me mets à la place de son mari.. Quelle désolation! Je me trouve tout d'un coup

isolé, sans un lien, la mort dans l'âme, devant une situation des plus vulgaires et que je vais creuser indéfiniment! Allons, les hommes ne sont guère heureux; célibataire ou cocu, il y a bien peu de choix.

CLOTILDE

Tant pis, je me montre. Je saurai toujours ce qu'il me veut.

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