LA FAMILLE ET LES BÊTES
I. Certaines bêtes vivent en famille aussi bien que les hommes. Ainsi les pigeons. Le père et la mère sont unis par un mariage indis- " soluble, et l'affection la plus constante. Leurs enfants sont nourris et élevés par eux avec des soins vigilants et la plus grande tendresse.
Portez un pigeon à cent milles de son pigeon-
nier, au moment où il est père, et à cette grande distance, rendez-lui la liberté; sans perdre une minute, une seconde, il s'élève bien haut dans le ciel, il forme un moment des cercles au-dessus de votre tête. Son cœur bat vivement, il bat d'amour. Où est ma douce compagne, se ditil ? Où sont mes enfants bien-aimés ? Là-bas de ce côté, au nord, au sud, à Torient, à l'occident ? Là, là, se répond-il, là vers l'orient, et à l'instant il part, rapide comme le vent. Quel voyage ému et passionné, mesdames ! Que de baisers à la compagne, que de caresses aux enfants ! N'entendez-vous pas la voix de son plaisir et de ses transports, roucou, roucou, roucoucou !