‹ La parole française (volume 3)Chapitre 14 sur 29 · LE TEMPS · texte numérisé non relu

LE TEMPS

I. On partage le temps en années, en jours, en heures. On distingue aussi des saisons et des mois. Une minute est un intervalle de temps très court ; une seconde presque rien, le moment présent encore moins.

Il y a un temps présent, un temps passé et un temps futur. Le temps fuit au moment même où il arrive, il passe et disparaît. Cependant ce temps fugitif est le seul qui nous appartienne. Le passé n'existe plus ; nous ne posséderons jamais le futur peut-être, aucune portion de l'avenir, ni le jour prochain, ni l'heure prochaine, ni la minute prochaine, ni la seconde que marquera après Celle-ci l'aiguille de notre montre.

Je vous interroge, madame. Combien de jours y a-t-il dans un.e année? — Il y e7i aj6^. — N'y a-t-il pas tous les quatre ans une année plus longue d'un jour? — Il y en a tme. — C'est l'année bissextile. Combien de mois y a-t-il dans une année? Quel est le plus petit des douze mois ? Combien de jours a février dans les années bissextiles ? Nommez les mois de trente et un jours. — Janvier, mars, mai, juil-

let, août, octobre, décembre. — Et ceux de trente jours ? — Avril, juiii, septembre et novembi^e.

2. On divise l'année en quatre saisons. Nommez-les. — Le prmtemps, Pété, rautomiie, et V hiver. — Nommez les mois qui forment le printemps, ceux qui forment l'été, les mois de l'hiver et les mois d'automne. Quel est le plus beau mois du printemps ? — C est mai. — Et le plus beau de l'été? — C est juin. — Quel est le mois le plus froid de l'année ? Quel est le plus chaud ? Quel est le temps de la canicule ? Il vient du latin canis, chieu. C'est le temps où les chiens sont le plus en danger d'être malades de la rage, maladie épouvantable et sans remède. Les jours caniculaires sont étouffants ; le ciel est pesant, et notre respiration est difficile, quand règne la canicule brûlante, ardente et furieuse. Quelle est l'époque de la canicule?— Elle commence le 2^ juillet, et dure jusqii au 26 août.

George, quelle est la saison des pluies ? — Je ne co77tprends pas. — 11 pleut en ce moment. Regarde dehors ; le ciel est noir, et plein de nuages. Les vois-tu rouler là-haut ? Le soleil est invisible. Il fait obscur ici. Prends cette allumette, et allume le gaz. Vois-tu la pluie tomber. — Je la vois. — Sommes-nous dans la

saison des pluies ? — Non, nous sommes ne juin, au plus beau mois de toute V aiinée,

3. Pleut-il dans toutes les saisons? — Plus ou moisis, — Pleut-il beaucoup en hiver ?—A^<9;^. — Faitil humide ou sec en cette saison? — Tous les hivers ne se ressemblent pas. — C'est vrai; le temps et les saisons sont variables comme les hommes. Mais il fait froid en hiver, n'est ce pas ? Le thermomètre descend quelquefois jusqu' à zéro en janvier, et même au-dessous. Il gèle alors fortement ; la terre se durcit et aussi les eaux, étangs, lacs et rivières. A-t-il gelé la nuit passée ? — N'on, assurément. — Il ne gèle pas en été et il ne neige pas. Tu connais la neige blanche qui tombe doucement du ciel en voltigeant dans les airs. J'aime à voir tomber la neige, et j'admire le brillant éclat du tapis blanc qui couvre la vaste plaine.

Mais il grêle en été quelquefois, et il tonne : le ciel paraît être en feu et Jupiter fait entendre sa grosse voix qui retentit menaçante au-dessus de nos têtes. N' as-tu pas peur, George ? — No7i, je 71 ai pas peur. — As-tu jamais vu la foudre frapper la tête d'nn arbre ou la flèche du clocher de l'église? — Non. — Si tu voyais la foudre tomber près de toi, tu tremblerais, sois en sûr, et qui sait ? Tu serais peut-être ren-

versé par le choc. Que Dieu te garde, cher ami !

Quelle est la saison des fleurs, madame? — Cest le printemps. — Quelle est la fleur qui s'ouvre la première ? est-ce la violette, ou le lilas, ou la primevère ? — C est le snow-drop. — On la nomme perce-neige, parce qu'elle perce la neige pour regarder le soleil du premier mois du printemps. Quelle est la saison des fruits ? — Cest Vautomne. — L'été n'a-t-il ni fleurs, ni fruits? — Oh! que oui; il a des 7^oses, des lis, des héliotropes et beattcoup d'auti^es fleurs ; et il a des fraises, des groseilles et autres petits fruits. — Il a aussi des pêches et des abricots.

4. Connaissez-vous les sept jours de la semaine ? — Je ne puis pas les nommer. — Les voici: lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Le premier jour est lundi, le dernier est dimanche. Travaillez-vous les lundis? — Je travaille tous les jours, excepte les dimanches et les jours de fête. — Que faitesvous les dimanches ? — Je ne fais rien. — Rien ! N'allez-vous pas à l'église? — J'y vais. — Le dimanche est consacré au repos et à la prière, n'est ce pas? C'est le jour du Seigneur. Dieu a-t-il créé le septième jour? — Non, il s est reposé. — Dieu n'est jamais fatigué, il n ^a pas

besoin de re.pos. Il ne s'est pas reposé le septième jour, il a cessé de créer.

5. Mais nous avons besoin de repos, n'est-ce pas, Georo-e?— 6>^«; je suis très fatigué quand

le soleil est a r occident. — Quand il se couche ?

Oui.—T^ couches tu avec lui, comme les poules? —Non.— Tu te couches plus id^vdl- -Oîii, Je me

couche à neuf heures. — Et vous, monsieur. Je

n 'ai pas d' heure ; je me couche à dix, à onze et à douze heures. — A minuit! C'est bien tard. Je suppose que vous vous couchez à minuit, quand vous avez passé la soirée en société ou que vous êtes allé au théâtre ?—C^^/ cela, monsieur. — Vous levez-vous de bonne heure ? — Je me lève généralement à six heitres et demie.— C^s,t une bonne heure.

6. Le temps présent nous appartient-il, madame ? — // 710US appartient, — Dure-t-il lono-temps ? Le passé nous appartient-il, ou nous a-t-il appartenu ?— // nous a appai^tenu.-^x. il ne nous appartient plus. Il est passé, il est parti pour toujours. Le temps passé ne revient pas. La perte du temps est irréparable, n'est-ce pas \r3.U— Hélas l c est vrai l— Et VdiY&mv nous-appartient-il?— // appartient à Dieu.—^^ vivronsnous pas dans l'avenir ?—6>2/?; notre âme est immortelle.— W 'avons-nous pas d 'avenir sur

cette terre ? — Nous avons un avenir i7icertain. — Oui, nous ne savons pas si nous vivrons demain.

As-tu fait une promenade aujourd' hui, avant la leçon, George ? — J 'ai fait une petite promenade.— À pied ou à cheval? T'es-tu promené en voiture? — Non, j'ai monté sur mon vélocipède. — Te tiens-tu bien sur ton vélocipède ? — Admirableinent. — Ne tombes-tu jamais ? — Rarement. Cela m 'arrive seulement quand je suis distrait ; et si je tombe, je me relève promptement et je remonte à cheval tout de suite, — Est-ce que ton petit frère a aussi un vélocipède ? — Non il monte à cheval sur un bâton. — Excellente monture pour un petit garçon. Les garçons aiment les chevaux, comme les petites filles aiment les poupées. — Ma sœur a luie poipée parlante. — Qui dit papa et maman? — Oui, elle est de Paris. — Demande lui une leçon de prononciation, cher ami.

7. Venez-vous ici en voiture, madame, ou en tramway ? — Je prends le tramivay quand il pleut ou qti 'il vente ; s'il fait beau, je marche; faime la marche et je crois qu 'il est bon de marcher. — Sans nul doute la marche est le meilleur des exercices, beaucoup préférable aux exercices violents de la gymnastique. Retournez vous chez vous à pied après votre leçon ? — Le temps en décidera, monsieur, dans deux mimctes. — C'est

vrai, voilà qui 'il est onze heures presque. La pluie cesse, madame. Le Bon Dieu vous a entendue: le ciel s 'éclaircit, les derniers nuages descendent rapidement vers l 'est, vous voyez que le vent a tourné de l'est à l'ouest. Les trois quarts du ciel sont bleus, et le soleil est remonté sur son trône.

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