Pages 289-290, 298-299, 30'i
2. Pages 316 à 320. — Dans plusieurs passages (p. 30o, etc.) Cardaillac fait une place à part à Y articulation, qu'il distingue du son et, semblet-il, du mouvement musculaire ; le sens de ces passages nous échappe.
Pourquoi la vivacité do la parole intérieure-n'ost elle pas proportionnelle à la volonté motrice qui la détermine? Pourquoi cette vivacité persiste-t-elle en Tabsence de toute volonté, dans l'obsession, par exemple? Cardaillac avoue lui-même que, « lorsque nous nous livrons passivement à nos souvenirs », le fait qui justifierait, à l'en croire, la vivacité des souvenirs vocaux, le « frémissement » musculaire, est absent. Il avoue encore que, dans les cas où « nous dirigeons nos souvenirs ' », ce frémissement s'affaiblit et disparaît peu à peu par TefTet de rbabiliule [ch. II. § 6] ; par quel privilège le son intérieur subsistet-il donc toujours intact, malgré la répétition la plus fréquente? Pourquoi rhabitiide n'a-t-elle pas le même pouvoir d'anéantissement graduel sur la parole intérieure que sur les autres phénomènes de l'âme? L'écriture est liée comme la parole à un mou\ement volontaire; pourquoi son image intérieure ne jouit -elle pas d'une semblable immunité? Et la mémoire visuelle, en général, n'est-elle pas, chez certains hommes qui se donnent la peine de la cultiver, plus distincte et plus docile que chez le philosophe ou l'orateur?
L'explication de Cardaillac est sans valeur. Il connaît les effets négatifs de l'habitude " : il connaît aussi la volonté mentale, l'attention, mais il ne l'emploie qu'à déterminer l'ordre des faits psychiques ^ ; il ignore qu'elle est aussi et surtout l'antidote de l'habitude négative [ch. II, § 6; ch. lY, § 2 et 6 ; etc.], qu'elle restitue aux
i. Notons en passant que Cardaillac confond ici la volonté motrice et la volonté mentale : diriger nos souvenirs n'est pas la même chose que vouloir émettre un son.
2. Page 320, note; p. 276; p. 38G : « l'babitudr dissimule ce qu'elle établit » ; etc.