Apologie, p. 31 c, d
Infailliblement, si j'avais été sur le point de faire quelque chose qui ne fiit pas bien, le signe ordinaire se fût opposé à moi... Il est clair pour moi que mourir dès à présent est ce qui me convient le mieux; c'est pourquoi le signe ne m'a empêché en rien ' . »
Dans le Gorgias, Socrate explique par des raisons purement logiques son abstention des affaires publiques; rien ne prouve donc que le signe démonique soit intervenu réellement pour cet objet particulier. De même, l'éloignement de Socrate pour toute production littéraire est justifié dialectiquement dans \& Phèdre, tandis qu'une phrase, assez vague d'ailleurs, du Théètète -, semble le rapporter à un empêchement divin. Le silence du demonhim le jour du procès de Socrate est beaucoup plus vraisemblable, mais c'est un fait purement négatif; apparemment, si Socrate prit la parole devant ses juges, c'est que le signe ne s'y opposa pas ; car il respectait toujours l'oracle intérieur dont les dieux l'avaient favorisé.
Mais il dut improviser sa défense, car le signe divin s'était opposé à ce qu'il la méditât. Ceci est le seul fait positif et particulier pour lequel l'intervention du prétendu démon nous soit attestée par un témoignage authentique; Xénophon, qui le rapporte, mais qui était absent d'Athènes lors du procès et de la mort de Socrate, nomme son garant, un certain Hermogène, fds d'Hipponicus, que nous savons par d'autres textes ^ avoir été parmi les familiers de Socrate. Hermogène pressait Socrate de préparer sa défense ; « deux fois déjà, répondit Socrate, je me suis mis à méditer quelque chose à cet effet; le divin s'y
\. Apolofjie, p. 40 et 41 (/.