‹ La Part de l'Urémie dans les Accès Pernicieux ComateuxChapitre 26 sur 27 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il ne peut y avoir de doutes sur la nécessité d’une intervention des plus actives et des plus rapides quaud on est en présence d’un accès pernicieux urémique. ; . Pour combattre le paludisme, on s’adressera exclusivement aux injections hypodermiques concentrées de quinine, sans s'arrêter un seul instant aux autres modes d'administration du précieux médicament. La médication quinique ne s'adresse pas tant à l'accès actuel qu'à celui qui pourrait survenir à plus ou moins brève échéance.

L'observation ä, eu effet, démontré que souverit un accès pernicieux est formé par une série d'accès shbintrants et que

c’est surtout dans cette forme d'accès pernicieux que la qui-

‘nine a un effet des plus merveilleux.

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S'il existe un grand nombre de formules pour injections hypodermiques de quinine, et, de ce côté, si l’on a l'embarras : du choix, il n’y a qu’une région où ces injections sont exemptes d’inconvénients. On peut dire qu’elles sont aujourd'hui défitivement entrées dans la pratique courante et bien rares sont ceux qui redoutent encore les multiples méfaits qu'on leur attribuait autrefois. L'expérience démontre qu’on-sera à l’abri de tout danger si, avec les précautions les plus sommaires d’asepsie, on pratique ces injections sur le tronc, et surtout dans le dos. C’est done exclusivement dans la région dorsale qu'on devra pratiquer les injections de quinine; et, il faut abondonner, comme dangereuses, toutes les autres parties du corps. On se contentera d’injecter un à deux grammes de quinine ; cette dose est plus que suffisante ; et, bien qu'absolument inoffensives,les doses dépassant deux grammes on déjà des doses fantaisistes.

J'arrive tout de suite au point litigieux du traitement, au point qui, à mes yeux, constitue la partie capitale de l’intervention médicale, je veux dire le traitement du coma Lee par les émissions sanguines. |

Aujourd’hui, nous sommes loin de Broussais et de Bailly; dans notre fin de siècle, :encombrée de chlorotiques, d’anémiques et de neurasthéniques, la saignée est tombée dans un discrédit qui paraît sans appel. Et pourtant, de toutes les médications dirigées contre l’urémie et surtout contre l’urémie comateuse, une seule à fait réellement ses preuves, c’est la saignée, et la saignée copieuse de 300, 400 et même 000 grammes.

Mais, dans notre cas, le problème est complexe et tout autre que dans l’urémie simple. Faudra-t-il done encore saigner un malade que l'intoxication paludéenne vient de plonger dans une profonde déchéance organique, à qui de violents accès de. fièvre viennent d'enlever la moitié de son sang, où même

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davantage, en un mot, faudra-t-il saigner un malade déglobulisé, un malade exsangue ? Eh bien ! malgré tout ce qu’on pourra objecter, & priori, contre les émissions sanguines chez les paludéens, les résultats sont là, plus éloquents que toutes sortes de raisonnements, et ces résultats démontrent que, dans les cas désespérés, une seule chance reste encore à tenter, la saignée. Chez les cachectiques, je veux bien faire une concession et provoquer la perte dé sang par l'application de sangsues, faite largement, soit derrière l’oreille, soit dans la région rénale, au triangle de J.-L. Petit, mais, chez les sujets non encore cachectisés, chez ceux dont l'intoxication est récente, comme les sujets de mes quatre dernières observations, il ne faut pas hésiter, il faut ouvrir la veire et laisser couler longtemps, Sans arrière-pensée et sans crainte. Là, bien sincèrement, est le salut.

N'ayant rien de particulier à dire sur les autres moyens de ‘combattre l’urémie, qu’on pourrait appeler les moyens accessoires et sur lesquels tout le monde est d'accord, je ne ferai que les citer : injections de caféine, d’éther ; révulsion cutanée par les frictions ou les sinapismes ; enfin, lavements salés froids, qu’on devra administrer largement et qui ont une action bienfaisante des plus manifestes; on emploiera de préférence le sérum de Hayem ou tout simplement l'eau salée au centième. ARE

Enfin, quand on aura le loisir de suivre le malade pendant quelque lemps, on combattra l’albuminurie par les moyens appropriés ; régime lacté, purgatif, ete. Quand l’albuminurie existera chez un malade sujet aux accès de fièvre, on aura soin de diminuer le plus possible les chances de refroidissement cutané pendant la période de frisson, soit au moven de lotions chaudes, soit par l’enveloppement ouaté sinapisé,

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