Cité par Passy, Souven
2. M. l'abbé Bienvenu adressa à l'évèché de Versailles un certain nombre de documents que Ms"' Gibier a bien voulu nous communiquer. Signalons en plus de l'allocution dont nous venons de citer quelques passages : i" une leltro de M. E. Lorieux, beaupère du défunt, adressée à l'orateur, en date du2o septembre 1908, pour appuyer ses déclarations ; et 2» une lettre de lorateur à M»'"' Gibier, datée du 23 octobre 1908, d'où il ressort que rien n'a été affirmé sans bonnes preuves puisées aux meilleures sources.
Hertz montra moins do ferveur. Il « était d'avis, écrit sa veuve, qu'un naturaliste (un savant s'occupant des sciences de la nature) a le devoir de faire l'impossible pour expliquei ce qui est accessible à ses recherches, et de se borner, en attendant, à respecter en silence ce qui nous est inaccessible ». Mais respecter n'est pas nier. « Je me souviens très bien qu'il a été très mécontent quand Hœckel s'est permis de citer, dans un de ses ouvrages de polémique, les travaux de mon mari, en les interprétant dans un sens favorable à ses propres théories. Au cours d'un entretien sur les relations entre les choses sensibles et les choses transcendantes, il citait les paroles célèbres de Shakespeare :« 11 existe plus de choses entre le ciel et la terre que notre savoir ne peut en rêver». Sur la tombe de son jeune frère, il a dit que celui-ci en savait, à présent, beaucoup plus que nous. En prévision de sa mort, il laissa aux siens cette parole : « Dorénavant, je resterai toujours avec vous \ » Dennert cite de lui cette phrase : « Si nous voulons avoir un tableau vraiment achevé dans le sens des lois de l'univers, il nous faut supposer, derrière les choses visibles, des choses invisibles ; par delà les bornes de nos sens, des agents qui les dépassent ^ »
Maxwell était anglican. « Ses croyances étaient fortes et profondément enracinées; les paroles par
1. Lettre de M""' Hertz au physiologiste E. Pfluger, citée par DE Cyon, p. 410 sq.
lesquelles il termine son discours sur les molécules expriment sa foi en « Celui qui au commencement créa non seulement le ciel et la terre, mais la matière dont sont faits le ciel et la terre ^ ». On trouve des hommages analogues dans beaucoup de ses œuvres. Hôffding s'en plaint : « Comme che2i un grand nombre de savants, dit-il, les représentations théologiques se tiennent chez lui parfois aux aguets ". »
Elles « se tiennent aux aguets » dans sa philosophie comme dans sa science ; car en même temps qu'un savant, Maxwell était un philosophe. Or, « J'ai regardé de près, disait-il, dans la plupart des systèmes philosophiques, et j'ai vu que pas un ne peut marcher sans un Dieu ^ ».
Mais sa foi « se tient aux aguets » dans sa vie surtout, qui est toute imprégnée de prières, de dévotion, de surnaturel, de fidélité aux exercices de sa paroisse, en même temps que de charité envers les malheureux. Sur son lit de mort, il édifie tous les assistants par les témoignages multipHés de son esprit de foi. Il dit et redit la strophe d'un poète anglais : « Seigneur, ce qui doit faire mon souci ce n'est pas de vivre ou de mourir. T'aimer et te servir : voilà mon partage, et c'est ce qu'il faut que
1. R.-T. Gl.vzebrook, Dict. of National biography, t. XXXVII, p. 121.