LA CHIMIE PHYSIQUE
Les partisans de la théorie atomique réduisent tout à l'atome, qu'ils n'ont point vu, mais qu'ils supposent, qu'ils déduisent d'une foule de faits, que tout impose, leur semble-t-il, et dont ils s'efforcent de pénétrer le mystère. Ils s'ingénient à le peser, à le mesurer, à le suivre de près ou de loin dans ses éléments ou dans ses combinaisons. Il est pour eux l'hypothèse fondamentale, et parmi eux
1. Sir William Ramsay, Essays biographical and chemical, London, Archibald Constable, 1908, p. 20.
beaucoup ne sont pas loin d'y voir une réalité pratiquement démontrée.
D'autres chimistes sont venus qui gardent, « à l'endroit de la réelle existence des molécules et des atomes, (un) invincible scepticisme ^ « ; et ils se refusent « à appliquer, dans la solution des problèmes de la chimie, d'autres règles que celles de la thermodynamique " », ou, pour employer un terme plus large, de l'énergétique.
Entre atomistes et thermodynamistes, les querelles n'ont pas manqué, mais les uns et les autres ont travaillé aux progrès de la science. Et si les atomistes, qui ont eu, au xix^ siècle, le nombre et la durée, ont recueilli la plus riche moisson, ils reconnaissent eux-mêmes « les services éclatants rendus par l'intioduction récente de l'énergétique dans le domaine de la chimie. On ne peut nier que cette introduction ne soit un des f&its les plus saillants de l'évolution scientifique contemporaine. En même temps qu'elle permettait d'embrasser, dans une belle et large synthèse, nombre de faits jusqu'alors isolés, elle a eu le mérite de faire pénétrer le langage et la précision des mathématiques dans des matières qui semblaient destinées à leur demeurer rebelles ^ ».
1. p. DciiEM, qui parle pour son compte: L'œuvre de Va7it Ho//", dans Rev. Quest. scient., janvier 190f>, p. 16 du tiré à part. Cf. son article dans la même revue, n» d'avril 1892, pp. 391-434.
2. A. DE Lapp.vrest. qui parle en témoin. Se. et ApoL, p. 233.