‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècleChapitre 101 sur 201 · Grasset, Idées médicales · texte numérisé non relu

Grasset, Idées médicales

Magendie eut le mérite d'ouvrir la voie. Flourens était son élève, ainsi que Cl. Bernard, et son influence sur de tels élèves est la meilleure partie de sa gloire.

a Médecin malgré lui », par la volonté rudement exprimée de son père, « il s'en dédommagea en se tenant dans un état de perpétuelle révolte, en refusant opiniâtrement de rendre foi et hommage à ce qu'il appelait la grande idole de la crédulité humaine1. »

« Par une tendance spontanée de réaction qui, à cette époque, fut très utile à la physiologie, il s'arrêta à l'expérimentation empirique, c'est-à-dire au résultat brut de l'expérience considérée en dehors de toute interprétation et de tout raisonnement2. » Tout raisonnement était suspect à cet esprit sceptique. Son scepticisme « s'étendait jusqu'à ses propres découvertes3 ». Frondeur autant que sceptique, s'il a découvert souvent la vérité, « il a employé une rude énergie à la combattre toutes les fois qu'elle ne lui est pas venue de lui-même 4. »

Sa découverte fondamentale, dont il partage l'honneur avec Ch. Bell, a porté sur les propriétés des nerfs rachidiens3. « Son rôle a été celui d'un

1. Flourens, Eloge historique de Fr. Magendie. Paris, Garnier, 1858, p. 6.

2. Claude Bernard, De la physiologie générale. Paris, Hachette, 1872, pp. 8 sq.

'S. Paul Beut, Préface à La science expérimentale de Claude Bernard. Paris, J -B Baillière, 1911, p. 17.

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