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épaules, le fardeau des plus lourdes responsabilités. Il connait son devoir et l'étendue de son autorité. Il voudräit ètre juste, sauver de la mort Celui dont il est forcé de reconnaître l'innocence, il ne trouve en lui aucun sujet de condamnation, mais on le menace de perare sa place, et le peuple voyant ses hésitations et sa fæiblesse augmente d'arrogance et réclame contre
Jésus une <entoncs de mort.
L'instinct de la justice demeure, mais Pilate placé entre son intérêt et son devoir, cherche d: vains subterfuges pour les concilier si c'était possible, L'avcrtissement de sa femme resie sans effet. La libération de Bärrabas n'apaise point la foule. La flagellation du Sauveur, sa couronne d'épines. son ignoble mantenru de pourpre ne font qu'exciter sa fureur. et Pilate ne décide encore rien. Par la douceur de ses réponses, Jésus l'impressionne évidemment. Ce dépositaire de l'autorité, ce magistrat responsable de l'ordre publie, va-t-il enfin par un acte énergique faire Justice et délivrer le Sauveur ? Oh non! la politique l'emporte et Ponce Pilate lave ses mains devant le peuple en disant: Je suis innocent du sang de ce juste vous en répondrez. Mais vaine tentative. C'est devant lui et par lui que Jésus aura subi ce qu'il y a de plus dur peut-être dans la vie sociale, se savoir victime de la lâcheté et, par le fait même. de l'injustice de ceux qui ont tout à la fois le droit, et le pouvoir de protége. l'innocence et de proclamer la vertu.
FO UEs
C'est toujours pour Jésus la passion de son âme. Comme elle durera longiemps cette injure particulière. Dans la suite des siècles et Jusqu'à la fin des temps, les chrétiens rediront tous les jours la parole vengeresse : a souffert sous Ponce Pilate. Et cette parole servira à dénoncer toujours et partout les Pilate quels qu'ils soient qui, dans l'administration de la chose publique, en dépit de tous les avertissements, n'osent jamais porter le courage jusqu'au point de maintenir la justice et le bon ordre, mème au détriment de quelque vulgaire
intérêt, et malgré la poussée de la elameur populaire.
J'ai sot).
Jésus est crucifié entre deux voleurs. I] à été mis. dit l'Ecriture, au rang des scélérats. Au-dessus de sa tête est l'inscription: Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. A ses pieds on s'est partagé ses vêtements. sa tunique a été tirée au sort. Ce prêtre Souverain éprouve les
tourments de Ja soif. Ja soif brülante des âmes.
On l'abreuve du fiel de l'ingratitude, et du vinaigre de l'indifférence, plus encore des moqueries et des sar- Casmes de l'impiété. Les deux criminels à ses côtés lui lancent les mêmes blasphèmes. L'un se convertit cependant. et Jésus agonisant oublie sa souffrance pour lui promettre le paradis.
Le cœur de Jésus palpite toujours pour ceux qui l'insultent, il implorc le pe lon de son Père qu'il achète au prix de son sang.
Femme, voilà votre Fils : voilà votre Mère !
Puis des hauteurs du gibet, ses regards s'abaissent sur Marie sa mère, debout au pied de la croix. Qui pourrait, avec une langue assez sainte et sublime, décrire Ce qui se passe à Ja fois dans le cœur du Fils et dans celui de la mère! Jamais deux âmes ne furent mieux faites pour savourer ensemble les mèmes douleurs.
Un glaive transpercera votre âme, avait dit à Marie le vieillard Siméon. Et elle avait vécu dans l'attente douloureuse de ces heures lugubres et divines durant lesquelles, ressentant en elle-même le contre coup de toutes les souffrances de son enfant, elle lui serait une source à tout instant renouvelée d'afflictions nouvelles, et de plus cruelles tortures.
Une mère penchée sur son enfant qui souffre endure plus que iui la douleur. Marie est la mère la plus parfaite, parce qu'elle est la plus sainte. Elle compte chaque goutte du sang de son Fils, chaque battement de son cœur, Chaque mouvement de ses lèvres.
Elle contemple ses plaies, elle suit la March: lente de la vie qui s'écoule, de Ja mort qui s'approche. Tout son amour est en œuvre pour rappeler toutes les douleurs de sa vie, toutes ses angoisses ; clles revivent toutes à la fois, et de son cœur transpercé montent vers l'âme de son Fils les flammes ardente:: qui le brülent, Je tour-mentent, le déchirent, et reviennent comme à leur foyer dans 2 cœur de la mère qui souffre toujours davantage.
Deux fovers qui se renvoient à l'infini des rayons toujours plus ardents, et la compassion de la Sainte Vierge est l'instrument merveilleux qui accentue la passion de l'âme de Jésus.
Aussi on dirait que, à bout de force par l'intensité de l'amour qui le consume, Jésus veut dans son extrème douleur se donner à lui-même et accorder à sa mère par son prêtre bien aimé, toute la consolation possible: Femme voilà votre fils, voilà votre mers.
Won Dieu, mon Dieu, POUrTQUOr m'avvez-vous aban-
donné !
Jésus a-t-il assez souffert ? Couvert d'ignominies. épuisé dans son corps par la perte de son Saag qui coule de toutes ses plaies, torturé dans son cœur par
tous les déchirements de l'amour, a-t-il atteint ie degré suprème de la douleur, et la passion de son âme est-elle complète ? Oh non, loin de là. Il doit vider le calice jusqu'à la lie. Cette lie ne viendra pas des créatures. Elle sera versée par la Justice infinie d'un Dieu qui exige le châtiment absolu de Celui qui seui
peut l'offrir dans toute sa perfection.
Au moment de mourir dans les affres de la plus cruelle des agonies, Jésus adresse à son Pere le cri déchirant de la désolation: Mon Dieu, pourquoi m'avez-Vous abandonné? Dans les épreuves les plus douloureuses, alors que l'homme troublé. bouleversé jusque dans le fond de son ètre, ne voit autour de lui que ténèbres et tristesses, quand tout le monde le repousse avec dédain et sans pitié, il lui reste quand même la ressource d'une conscience qui le console par le calme de sa sécurité, ou le soutient mème par la satisfaction du remords. Et surtout il peut, privé de toute consolation humaine, se tourner vers Dieu et je-
ter en lui une espérance qui ne trompe jamais.
Mais pour le Sauveur sur la croix. il est devenu liniquité elle-même, puisqu'il porte tous les péchés, toutes les offenses de l'humanité : et devant son Père il disparait avec sa sainteté et son amour. pour ne laisser voir que le crime et la peine à subir. Il n'a donc
G rien à attendre que justice implacable et délaissement cruel.
bre be cr
mins
Et pourtant c'est le Père qui jadis mettait ses complaisances dans le Fils bien-aimé. C'est lui dont Jésus a voulu en toute chose faire la volonté. c'est lui dont le Sauveur avait enseigné à tous les hontés prévoyantes, et vers qui il avait ramené la confianc: humaine par la prière filiale. C'est à lui que tout à l'heure au cénacle il adressait un chant d'amour. et pour qui il voulait conquérir l'humanité. A l'instant même, il vient de supplier son Père, et de demander le pardon pour les bourreaux qui le tourmentent. Et maintenant tout est changé : tout semble évanoui des tendresses divines.
Le Fils ne voit pas s'ouvrir les bras paternels, il faudra qu'il meure sans avoir senti les douceurs du Pardon, ni les joies de la réconciliation. puisque c'est l'acte même de la mort qui la fera s'opérer: Mon Dicu pourquoi m'avez-vous donc abandonné.
Tout est consommé.
Cherchons s'il s'est jamais trouvé quelque choice dans l'histoire des douleurs humaines et Jusque dan: la passior de Jésus qui les résume toutes. qui puisse être comparé à cet état de l'âme de Jésus, ainsi privée de la seule consolation qui lui apporterait quelque soulagement.