LE FILS DE L'HOMME
Avant le lever du rideau, (e CHŒUR chaat* :
la terre nue et sans chemin Où se traîne le peuple humain Va s'épanouir sous ta main Comme un lis altéré d'aurore ; Le bon priera pour le méchant El le monde sera le champ Où (u fais fleurir en marchant La fleur d'amour qui vient d'éclore.
Dieu de clémence et de bonté
Dont les douleurs m'ont racheté,
Ton Verbe est pour l'éternité
La source où les humbles vont boire;
Les yeux des aveugles verront
La superbe baisser le front
Et las petits enfants iront
Dormir à l'ombre de ta gloire.
Le rideau se lève.
La scène représente le temple de Jérusalem, du côte de la Porte Dorée. Les marchands et les changeurs sont installés sous les portiques, au milieu
des agneaux et des colombes; les balances et les sébiles pleines de monnaies diverses sont sur les tables.
Des sacrificateurs et des pharisiens somptueusement vêtus se tiennent sur les marches du temple : parmi eux, JOSEPH D'ARIMATHIE.
Hommes, femmes, enfants : la foule du peuple pauvre qui encombre la plaça s'écarte pour livrer passage à CAÏPHE et ANNE, qui sortent du temple, suivis des prêtres et des servants du ti-Miple.
La foule s'incline devant eux.
Ils traversent silencieusement la scène, mais, avant de disparaître, ils se retournent vers le peuple, et lui parlent.