LE BON LARRON
Tu meurs dans un blasphème!
CAÏPHE
Il sauvait ses amis, qu'il se sauve lui-même!
JÉSUS, regardant le ciel.
Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.
LE BON LARRON, à Jésus.
Toi qui règnes sur l'aube où les âmes s'en vont, Daigne te souvenir de moi dans ton royaume! Je sais que ton regard et ta voix sont un baume : Guéris-moi dans les temps. Je crois.
JÉSUS, se tournant vers le bon arron.
Je te le dis :
Tu seras avec moi, ce soir, en Paradis.
C'est l'Homme!
LE CHŒUR DES FEMMES
Il est venu, le Porteur des messages!
CAÏPHE
Chimère!
JUDAS, se relevant terrible et s'avançant vers le peuple.
On attendait l'Elu depuis les âges, Et vous êtes damnés comme moi, le damné!
JÉSUS
0 mon Père, pourquoi m'avoir abandonné ?
LA VIERGE, agenouillée, tendant ses bras vers le Christ.
Jésus! mon fils!
JÉSUS
J'ai soif.
BARRABAS, riant.
Il n'a pas voulu boire!
UN SOLDAT, tendant au bout de sa pique une éponge imbibée.
Tiens!
JÉSUS, posant ses lèvres sur l'éponge.
Tout est consommé.
LE CHŒUR DES HOMMES
Comme la terre est noire!
JÉSUS
Mon Père, je remets mon âme entre les mains.
Sa tète retombe sur son épaule. Le Rédempteur est mort. — Le tonnerre éclate dans le ciel sombre.
LE CHŒUR DES FEMMES
La Poudre !
LE CHŒUR DES HOMMES
Le vent tord les arbres des chemins.
LE CHŒUR DES FEMMES
Terrible nuit!
LE CHŒUR DES HOMMES
Le sol s'entr'o uvre!
LE CHŒUR DES FEMMES
Une couleuvre!
JUDAS, dénouant sa ceinture.
Malheur sur moi, sur vous, et malheur sur notre œuvre !
LE CENTURION, s'approchant de Jésus.
Quoi, déjà mort!
LA VIERGE, se traînant au pied de la croix.
Mon Fils, reviens...
UN SOLDAT, ievant sa lance.
Un coup d'épieu !
Il frappe le Christ au côté; un mélange Je sang et d'eau coule de la blessure.
LE CENTURION
Assurément, cet homme était un juste.
JUDAS
Un Dieu !
Judas passe sa ceinture autour de son cou, et serre : il sort en chancelant. Les soldats s'approchent des larrons avec des massues et leur rompent les genoux.
LE PHARISIEN, accourant vers Càiphe.
Le Voile est déchiré: les morts vivent : des ombres Passent en sanglotant dans les carrefours sombres.
Caïphe lui fait signe de se taire.
JOSEPH D'ARIMATHIE, siivi de Nicodème, accourt et présente une lettre au centurion.
Rendez-nous notre Dieu : Ponce me l'a donné.
On applique une échelle contre la croix: Nicodème monte et e'tend sur le Christ un vaste linceul qui traîne jusqu'à terre.
LA VIERGE, affaissée au pied do la croix.
Mon Fils est mort, mon Fils est mort!
CHŒUR DES ANGES, du haut du ciel.
Un monde est nél
Parir.,. — L. Maretheux, imprimeur. 1, rue Cass
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