‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 19 sur 64 · LUE CT UNE · texte numérisé non relu

LUE CT UNE

cette poussière sont en quelque sorte des formes d’involution de la bactérie. | Dans les milieux boiacus la pasteurella s’entoure d’une fausse capsule. |

C’est un microbe immobile qui ne sporule pas.

Il se colore, mais de façon assez discrète par toutes les couleurs d’aniline; il ne prend pas le Gram.

b) Caractères culturaux et biologiques.

La pasteurella du bœuf a des exigences nutritives très réduites; on la conserve facilement en eau physiologique largement ensemencée, mieux encore lorsqu'on Py associe à d’autres germes; sa disparition est plus rapide en eau distillée pure — nous l’avons trouvée deux fois plus considérable — mais elle s’y maintient encore un temps très appréciable.

L’acidité des milieux est défavorable à sa culture; c’est pour cette raison qu’elle ne pousse pas sur pomme de terre ordinaire; un léger degré d’alcalinité ou simplement la neutralité lui conviennent;son pH optimum se trouve entre 7 et 7,5; elle ne se développe pas en eau de levure. :

La pasteurella du bœuf est un microbe aérobie; néanmoins elle pousse assez abondamment quoiqu’avec un léger retard sous l’huile de vaseline.

Son développement est possible de 12 à 439; il se fait bien à l’étuve à 379; on l’obtient facilement aussi à la température du laboratoire en Indochine, c’est-à-dire vers 300.

Ses milieux de choix sont les mieux au sang et au sérum.

En bouillon Martin le microbe donne très rapidement

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— dès la 6€ heure — un trouble uniforme; le milieu d’une teinte bleu-verdâtre est légèrement opalescent; la culture progresse jusqu’à la 36€ heure puis lentement le bouillon reprend sa limpidité tandis qu’un dépôt se forme au fond du tube; on observe parfois qu’au début de la culture, une mince pellicule recouvre le milieu; elle tombe rapidement en se désagrégeant. A la partie supérieure du milieu, au contact du tube, il se forme de façon à peu près constante une collerette d’autant mieux marquée que la culture date de quelque temps. La culture répand une odeur swi generisplutôt désagréable; la réaction du milieu n’est pas modifiée.

Sur gélose Martin, l’ensemencement fait apparaître en une dizaine d’heures un tracé bleuâtre, translucide, irisé sur ses bords; la culture s’épaissit rapidement mais sans s’étaler, prend une teinte grisâtre, devient visqueuse etse colle au milieu; dans les parties où l’ensemencement a été discret, les colonies poussent isolément : ce sont de petites colonies rondes, à bord régulier; d’abord convexes elles s’étalent légèrement ensuite sans s’épaissir et quelquefois s’ombiliquent; elles peuvent atteindre 1 millimètre à 1 mm. 5 de diamètre; leur forme, leur aspect lisse et brillant les ont fait comparer à des gouttelettes de rosée (1). ;

Le microbe ne liquéfie pas la gélatine; il ne coagule pas le lait; 1l donne de l’indol dans les milieux spéciaux (la formation de ce composé sur laquelle les avis sont partagés, peut être mise facilement en évidence, dans les cultures en eau peptonée, par la réaction d’Ehrlich,

(1) Tous ces caractères sont particulièrement nets sur les milieux solides employés à des ensemencements d'isolement; sur ces milieux les colonies qui disposent de beaucoup d’espace peuvent s'étaler jusqu’à atteindre 5 millimètres de diamètre; elles sont alors ombiliquées.

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au p. dimethylaminobenzaldéhyde); il ne rougit pas la

gélose de Würtz; il n’est pas hémolysant.

c) Filtrabilité.

Elle n’a fait jusqu’à présent l’objet d’aucune mention. Certaines particularités de culture observées au cours d’essais divers nous portent à croire que le phénomène se réalise quelquefois; nous avons d’ailleurs noté, une fois la présence de bactéries ovoïdes, globuleuses, avirulentes, cultivables, se colorant mal, autolysables, dans les filtrats sur plusieurs bougies Chamberland L, d’une culture en bouillon Martin.

d) Lyse du microbe.

Ainsi que l’a établi d’Hérelle en 1920 à Saïgon, on peut isoler, dans certaines conditions, des déjections d'animaux sains appartenant à des troupeaux précédemment contaminés de pasteurellose, une variété de « bactériophage » qui détermine ou qu’on peut amener à déterminer en quelques heures la dissolution totale des bactéries renfermées dans une culture jeune de pasteurellose du bœuf (Voir plus loin : Vaccination) (1).

e) Toxicité des produits virulents.

C’est sur la pasteurella du choléra des poules, bactérie très voisine de la pasteurella du bœuf et du buffle que Pasteur a mis en évidence en 1880 la première toxine.

(1) Au cours d'essais sur la vitalité du virus, nous avons observé la présence d’un agent lysant dans une émulsion de pasteurella en eau physiologique souillée de levure; nous avons pu effectuer deux passages successifs de cet agent mais tout pouvoir lysogène a ensuite disparu.

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