‹ La Pasteurellose des bœufs et des buffles en IndochineChapitre 3 sur 64 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les affections du bétail indochinois, d’une fréquence assez réduite dans leur ensemble, n’ont pas toutes, il s’en faut bien, la même importance.

Les états pathologiques relevant du domaine médical à proprement parler sont exceptionnels; la douceur et Punifornité du climat, l’ardeur des rayons solaires si souvent préjudiciable au développement des agents banaux d'infection, la rusticité organique des sujets enfin, sont autant de raisons pour que les animaux domestiques soient, dans notre colome, à l’abri des troubles fonctionnels multiples dont souffre le bétail des pays à saisons tranchées et depuis longtemps façonnés par notre civilisation.

Les affections chirurgicales sont rares et de peu de gravité; c’est que, par leurs façons de vivre, et par la manière dont on les utilise, les animaux domestiques des colonies s’écartent peu des conditions d’existence qui s’attachent à l’état de nature et auxquelles ils restent parfaitement adaptés.

Les maladies parasitaires n’ont elles-mêmes qu’une importance économique assez faible, quoique supé-

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rieure à celle des états pathologiques qui relèvent du domaine médical et du domaine chirurgical. Sans doute, les parasites abondent, et des parasites de toutes sortes : ectoparasites, parasites des voies digestives et de leurs annexes, parasites du sang, mais ils n’affectent pas gravement l'organisme robuste des sujets du pays; la transmission de certains d’entre eux aux animaux sains est contrariée, d’ailleurs, par le mode d'élevage et d’entretien du bétail en régime extensif. Il convient toutefois d’accorder, pour la gravité qu’elles possèdent, une mention spéciale aux helminthiases cachectisantes des petits ruminants et à l’ascaridiose des poulains.

Les maladies contagieuses proprement dites ont une tout autre importance; leur gravité particulière résulte, pour une part, de l'impossibilité matérielle et technique où nous sommes généralement de les combattre eflicacement chez le malade, et surtout des difficultés trop souvent insurmontables que nous éprouvons à conjurer leur propagation.

On trouve fréquemment chez les animaux domestiques de l’Indochine des protozoaires du sang, des piroplasmes et des trypanosomes notamment; ces derniers seuls sont vraiment redoutables : le Trypanosoma annamense, eus du Surra, frappe les chevaux du pays comme ceux qu'on y rite et les tue.

Parmi les maladies microbiennes déterminées par des virus filtrables, 1l faut placer en première ligne la peste bovine : c’est la plus redoutable et de beaucoup des contagions animales dans tout PExtrême Orient tropical; viennent ensuite, mais d'importance beaucoup moindre, la fièvre aphteuse, la rage et la maladie du jeune âge chez le chien, la peste du porc et la peste aviaire; enfin chez les petits ruminants, l’agalaxie contagieuse et l’ecthyma contagieux des lèvres.

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Les principales affections reconnaissant pour cause une infection bactérienne spécifique sont, par ordre d'importance économique croissante: la morve, le charbon symptomatique, le charbon bactéridien et les pasteurelloses. On connaît des pasteurelloses dans la plupart des espèces locales : la pasteurellose du cheval, vraisemblablement très rare, a été signalée’ en divers points du territoire; on a observé en Cochinchine une pasteurellose épidémique de la chèvre (Bergeon); la pasteurellose du porc apparaît de temps en temps un peu partout, les inspecteurs des abattoirs l’observent fréquemment en Cochinchine; la pasteurellose aviaire est considérée comme très répandue en Indochine, elle est peut-être confondue dans certains cas avec la typhose ou la peste aviaire (1); la pasteurellose des grands ruminants, bœufs et buffles, est assurément la plus orave des affections de ce groupe pour les élevages indigènes comme pour le bétail des colons. |

Nous nous proposons d’exposer ici, dans un ordre didactique, ce que l’on sait actuellement de la pasteurellose des bœufs et des buffles, en Indochine tout spécialement; nous ÿ Joimdrons chemin faisant, ce que personnellement nous en avons appris dans ce pays, tant par l’observation que par l’expérimentation.

(1) Nous avons observé, en outre, au laboratoire,un cas de pasteurellose du singe (Macacus sinensis) ct une épidémie de pasteurellose du cobaye.

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