CHEZ LES VEAUX PESTIQUES
Evolution. — La maladie se présente avec les caractères d’une infection aiguë; la pédiode d’incubation dure, autant que permet d’en juger l’évolution simultanée de peste bovine, de vingt-quatre heures à quarante-huit heures; la maladie elle-même se poursuit ensuite en trois à cinq Jours.
Symptomatologie. — Les signes généraux et fonctionnels se confondent partiellement avec ceux de la peste bovine; ils sont parfois complètement masqués par eux: néanmoins, le plus souvent, une première indication de linfection par les pasteurella peut être recueillie sur la feuille de température (clocher thermique brusque ou
ascension progressive de la courbe à la fin de la période d’incubation); l’état général s'aggrave alors et l’on observe fréquemment de la discordance respiratoire et du pouls veineux (pleurésie, péricardite).
On assiste d'ordinaire à la formation d’un œdème spécifique des régions gutturale ou préscapulaire, ædème susceptible d’envahir plus ou moins largement les parties voisines (auge, joues, parotides; gouttières jugulaires; épaules, bras, avant-bras, poitrail, thorax).
Lésions. — Ce qui frappe dès l’abord c’est l’état septicémique du cadavre, état que reflètent bien les altérations du tissu conjonctif sous-cutané et des séreuses.
Le tissu conjonctif sous-cutané est atteint tantôt uniformément et totalement, tantôt en quelques foyers seulement; sa teinte générale varie du rose pâle au violet; ses capillaires sont injectés, ses ganglions infiltrés ou hémorragiques; par place et particulièrement au contact des territoires cutanés ou aponévrotiques tendus et rigides, on observe des ecchymoses ou même de vastes macules hémorragiques; linfiltration séreuse spécifique est plus ou moins marquée, l’œdème citrin tend à s’amasser autour de certains groupes ganglionnaires, dans la sphère conjonctive qui les enveloppe.
Les séreuses — péritoine, plèvre, péricarde, méninges cérébrales et médullaires — sont presque toujours violemment enflammées; dans le tissu sous-séreux, là sur-
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tout où le feuillet pariétal adhère aux parties sous-.
jacentes rigides (paroi costale, gouttière vertébrale —— sillons coronaires — gros troncs artériels) des suffusions sanguines se constituent; il est possible d'observer en certains cas la présence d’ecchymoses sous-duremériennes au contact de la boîte cranienne; dans le canal médullaire, les sinus veineux rachidiens sont ectasiés; des infiltrations citrines en nappes réduites accompagnent fréquemment ces diverses altérations des méninges. Les cavités séreuses renferment une quantité plus ou moins considérable de sérosité inflammatoire citrine ou rougeâtre, rapidement coagulable après la mort, quelquefois déjà concrétée sur l’animal vivant en placards fibrineux de même couleur (adhérences pleurales, péricardiques, méningées).
Les muqueuses sont diversement altérées: indépendamment des lésions relevant de la peste bovine, les muqueuses digestive et respiratoire en particulier sont d'ordinaire enflammées mais à un degré variable; la muqueuse des voies respiratoires supérieures, cornets nasaux, larynx, trachée, est toujours atteinte et de façon particulièrement intense (infiltration considérable, rougeur, desquamation).
Les poumons sont presque toujours altérés; congestion diffuse, infarcti, pneumonie aux divers stades, pneumomie avec infiltration séreuse citrine des travées interlobulaires; pleurésie concomitante avec épaississement de la séreuse; infiltration massive du médiastin et turgescence des ganglions médiastinaux.
En ce qui concerne le cœur, myocardite aiguë dans certains cas et parfois endocardite avec piqueté ou traînées hémorragiques sous séreux aux points d’insertion des cordes valvulaires.
Rien de caractéristique au niveau des autres viscères;