INGESTION
Cette troisième hypothèse plus viaisemblable, se fonde sur deux ordres de considérations :
a) Considérations tirées de l’expérimentation.
On peut admettre que dans certains états inflammatoires de l'intestin, peste bovine, diarrhée banale, catarrhe résultant d’une purgation violente, gastrite parasitaire, la muqueuse digestive est ouverte à l’infection par les pasteurella alors que chez l’animal sain cette voie lui est fermée; mais 1l importe 1c1 de remarquer :
19 Que dans ces états morbides la contamination par voie digestive n’est pas fatale, et
20 Que chez l’animal sain, à défaut d'infection caractérisée, 1l se produit néanmoins une réaction plus ou moins vive suivie d’immunité et commandée selon toute probabihté par le passage des agents microbiens dans l’économie. Il semble qu’ainsi la genèse de l’infection par voie digestive nécessite l’existence d’altérations anatomiques de la muqueuse ou de modifications chimiques et biologiques du contenu des organes digestifs; nous verrons plus loin que d’autres facteurs d’un ordre très différent sont également indispensables à la réalisation des accidents.
Ilest d’ailleurs curieux de constater que comme nous l'avons signalé la région gutturale peut être le siège d’une localisation typique de pasteurellose lors d’introduction du virus dans le tissu conjonctif sous-cutané en un point quelconque du corps; il n’y a done pas obligatoirement relation de cause à effet entre l’évolution
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des lésions de la gorge et l’effraction de la muqueuse pharyngienne.
Quoi qu’il en soit, des indications recueillies au cours de nos essais on peut induire que, selon toute vraisemblance, lorsqu'on observe dans les conditions naturelles, simultanéité ou succession de peste bovine et de barbone, la pénétration des pasteurella s’est faite chez les animaux par voie digestive; et l’on est conduit à trouver là une explication probable du fait dès longtemps observé, que dans toutes les espèces animales, les pestes se trouvent associées aux pasteurelloses.
En outre, 1l est permis de voir dans la coexistence plus ou moins apparente des altérations anatomiques et chimiques du tube digestif et de son contenu, la raison de certaines endémies saisonnières (au début de la saison des pluies; les animaux sont affaiblis par la disette antérieure, et le changement brusque de régime alimentaire est susceptible d’entraîner chez eux des diarrhées). |
b) Considérations tirées de certaines particularités épidémiologiques.
Les endémies de barbone sont essentiellement fragmentaires en Indochine; c’est un fait que l’on pourrait expliquer de la manière suivante (1) : les réservoirs habituels du virus sont ici comme partout, les petites mares disséminées dans la campagne; dans certaines conditions imprécises, le virus de telle de ces mares d'ordinaire inactif, s’exalte; tous les animaux qui consomment l’eau virulente, mais ceux-là seulement,
(1) Cette explication, nous ne le dissimulons pas, repose sur des hypothèses bien plus que sur des faits démontrés, mais elle est logique et conforme à ce que l’on observe.