‹ La pathologie de l'attentionChapitre 22 sur 22 · GC · texte numérisé non relu

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thèse et une interprétation des faits, nous avons cru utile de réunir dans le tableaux synoptique ci-joint les principaux résultats obtenus. Nous aurons ainsi condensées en quelques phrases brèves, les conclusions partielles auxquelles les expérimentateurs eux-mêmes sont arrivés. Une lecture de quelques instants nous mettra à même d'apprécier les résultats de plus de trente années de travail.

Ces résultats demandent d'ailleurs une interprétation. L'interprétation en effet conserve en psychologie expérimentale plus qu'en tout autre science un rôle prépondérant, ce rôle est peutêtre ce qui la rend si attirante pour tous les penseurs. Les faits du reste n'en restent pas moins les faits et lorsque le dispositif expérimental a été décrit, lorsque le document ps)^chologique demeure, qu'importe notre plus ou moins grande ingénuité! Si ce n'est nous, un autre viendra qui tirera des faits épars, la conclusion définitive, et les critiques de certains savants, qui attaquent volontiers cette nécessité de l'interprétation individuelle en psychologie, nous semblent tout à fait illégitimes.

Remarquons en effet qui si l'on s'en tient aux conclusions ressortant immédiatement de l'étude des phénomènes particuliers on s'expose

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aux plus graves erreurs. C'est ainsi que le psychologue qui vient de lire que chez les ohsédés et les hallucinés, RémOx\d constate l'allongement du temps de réaction, pourra conclure grossièrement à un état d'hypoprosexie accompagnant ces troubles mentaux. Nous avons vu cependant que Ribot considérant les seules données cliniques et les analysant en psychologue considérait ces mêmes malades comme des hyperprosexiques. Nous nous croyons nousmêmes autorisés par les mêmes données expérimentales et cliniques à les considérer simplement comme des paraprosexiques ainsi que nous allons le voir.

Peut-on d'ailleurs parler, lorsqu'il s'agit de \di pathologie de l'attention de troubles hyper f Lorsqu'il s'agit des diverses sensibilités, des mémoires, des sentiments, nous concevons fort bien les troubles par hypertrophies delà fonction, mais en parlant d'attention nous ne pouvons concevoir que des états hyper pouvant se rencontrer dans des états mentaux pathologiques mais n'annonçant en rien par eux-mêmes un trouble de la fonction.

Que fait- on en effet lorsque dans un laboratoire, avec les meilleurs techniques possibles et toute la compréhension psychologique désira-

ble, on tente d'apprécier le degré d'attention d'un sujet? On cherche tout simplement à mesurer son attention d'adaptation consciente et consentie, et rien d'autre. Mais l'attention n'est-ce que cela? Certes non.

Lorsque nous avons avancé dans notre premier chapitre que l'attention était à l'intelligence ce que l'irritabilité réflexe était pour le système nerveux, nous avons voulu exprimer par ce mot l'universalité de son action dans l'ensemble de nos fonctions mentales. Nous dirions presque qu'elle est une faculté sans laquelle il n'est plus de vie mentale concevable, si ce pauvre mot de faculté n'avait été définitivement déshonoré par l'emploi illégitime qu'en firent certains philosophes du xix^ siècle. Si l'attention, par son mécanisme interne, nous paraît une et toujours semblable à elle-même, il n'est pas moins vrai qu'elle se présente à nos expériences et à nos observations cliniques sous les formes les plus diverses. Le même processus psychologique aboutit, non plus seulement à ces deux formes proposées d'attention spontanée et d'attention volontaire, mais aux aspects si divers d'attention consciente, d'attention automatique, d'attention émotive consciente ou subconsciente, d'atten-

tion intellectuelle consciente ou subconsciente, etc.

Si pourtant de cette conception à laquelle nous ne sommes d'ailleurs arrivés qu'a posteriori, après une sérieuse expériences des travaux de laboratoire, nous cherchons à proposer quelques conclusions générales sur la psychopathologie de l'attention, nous fondant sur les recherches des auteurs et sur les nôtres propres, disons que :

1° L'hypoprosexie accompagne tout les états d'infériorité intellectuelle, soit acquis, soit congénitaux, stationnaires ou progressifs.

2^ L'hyperprosexie, au moins momentanée, peut accompagner exceptionnellement certains états névropathiques. Cette hyperprosexie représente un état et non un trouble.

3° La paraprosexie nous semble être la caractéristique même de toutes les maladies mentales à forme délirante. Il ne s'agit point, avec nos moyens actuels d'investigation, d'évaluer quantitativement ces états d'attention morbides ou seulement anormaux qui diffèrent entre eux qualitativement.

4° La distraction nous apparaît soit comme une simple hypoprosexie passagère, soit comme une incapacité de l'attention à subsister sur un

de ses aspects déterminés, comme une désorien talion mentale.

Ajoutons à ces conclusions que l'attention n'est un état artificiel que considérée comme fonction d'adaptation à un milieu social normal et nettement limité. Si au contraire nous la considérons d'un point de vue psycho-biologique et dynamique, comme nous essayons de le faire, elle devient l'état le plus naturel de notre vie mentale.

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