‹ La Patrie en dangerChapitre 110 sur 111 · SCÈNE VIÏI · texte numérisé non relu

SCÈNE VIÏI

les MÊMES, sauf L'HUISSIER

BLANCHE, qui a regardé l'huissier s'éloigner avec l'air d'un hébétement

stupide.

Eh bien, et moi? moi ?... (Elle s'élance pour se jeter au milieu du groupe des détenus appelés, les gendarmes la retiennent et la

repoussent.) Messieurs les gendarmes, je vous en prie ! Laissez-moi passer... Il y a erreur, on s'est trompé... Je suis coupable, je vous jure... Je suis leur nièce à ces deux-là,.... C'est moi leur fille, puisque je n'ai plus ni père ni mère... Ce n'est pas juste, non, ce n'est pas juste. Les autres jours, tous ceux qu'on emmenait, on les emmenait ensemble : la fille avec la mère, le fils avec le père, les jeunes avec les vieux.... On ne mourait pas l'un sans l'autre... Mais qu'est-ce que cela vous fait de m'emmener?... Mon Dieu ! est-ce qu'on va me condamner à vivre à présent?

LA CHANOINESSE

Dieu ne veut pas encore de vous. Résignez-vous, ma nièce !

LE COMTE

Ah ! çà, est-ce qu'une fois ils auraient eu pitié?

PEIUUN.

S'il y a encore ici un peu d'humanité, mais entourez donc cette pauvre enfant î défendez-la d'elle-même. Arrachez-la à ce qu'elle voit, à ce qu'elle souffre! épargnez-lui, au nom de tout ce que vous avez de cher, le déchirement de ces adieux! Sauvez-la ! emportez-la !... Mais, empèchcz-la donc de tendre les mains vers nous, comme si elle mendiait notre échafaud !... (Les prisonniers

entourent l'.lanchc cl la font retirer dans un coin delà cour.)

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