‹ La Patrie en dangerChapitre 26 sur 111 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

pour me pendre. » — Une femme, pas toute jeune, encore jolie, dans laquelle on voyait tout de suite ce signe que le diable metcliez les femmes capables d'une tentation... Elle achevait de s'habiller... la voilà qui se met à trembler comme la feuille : « Monsieur, au nom du ciel! mon mari est un jacobin! Parlez!...» Partir!... Je m'assieds, je lui fais deux ou trois compliments, je lui donne le conseil de se coiffer à la passion , tu sais, avec un rang de boucles en demi-couronne. Elle me disait toujours: « Mon mari est un jacobin... » Alors, je me mets à la plaindre, je lui dis qu'elle est trop jolie et trop charmante pour appartenir à la mauvaise cause, que la nature a fait d'elle une royaliste jusqu'au bout des ongles... et je lui embrasse le bout des doigts, je la prêche, je la catéchise, je la sermonne, je lui dis : « Fi! madame!... » Les citoyens actifs beuglaient toujours en bas... J'arrive à la faire rougir de ses opinions , et je lui offre de nous venger à nous deux de celles de son mari... Là-dessus , un éclat de rire : « Ah ! monsieur le comte, vous êtes un drôle de corps ! » Elle va à la fenêtre , me dit : « Attendez... » et elle finit par me donner un rendez-vous...

MEUDE-MONPAS.

Bah!

Oui, un rendez-vous... pour la première fois où l'on voudra encore me pendre dans sa rue. (ils rient) Çà, que dites-vous de mon histoire, messieurs? Je ne la donnerais pas pour la plus belle des constitutions. Tromper un mari, et tromper un jacobin ! deux plaisirs en un ! et deux ennemis l'un sur l'autre ! Mêler l'amour à la guerre civile !

UEUDE-MONPAS.

Oh! toi, comte, tu seras fou jusqu'à la fin...

LE COMTE

J'aurai tant de temps pour être sérieux, quand je serai mort, mon ami !

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