CRIS DU PEUPLE
A bas! à bas! La capitulation ! la capitulation! A
bas !
PERRIft.
Oh ! vous m'écouterez jusqu'au bout : je suis voire honneur qui vous parle! Défenseurs de Verdun, retournerez-vous dans vos foyers pour que vos fiancées s'écartent de vous et que les enfants dans les rues vous crient par derrière : « Il a rendu Verdun! » Mes camarades, mes amis, vous tous, fils de la liberté naissante, enfants perdus de l'armée qui doit combattre pour elle et la
faire triompher, les peuples de l'Europe vous regardent et vous espèrent, la Nation vous attend. Vous ne déserterez pas cette fortune que la guerre vous fait d'être la sentinelle avancée de vingt millions d'hommes libres! Républicains, mes frères, vous pouvez égaler les vertus des anciennes républiques ; vous le devez à l'histoire ! L'heure est suprême et ne recommencera plus. Vous êtes entre l'immortalité et l'infamie... Songez-y : c'est
ici la porte de la France A vous d'en faire les Ther-
mopyles ou les Fourches Caudines ! Choisissez : les clefs de la Patrie sont en vos mains. Que Verdun soit pris..et demain ce cri immense remplira toute la France : La Patrie est en danger ! Demain, les villes diront aux villes, les villages aux villages, les tocsins aux tocsins, les vents aux horizons : La Patrie est en danger !... Demain le drapeau noir flottera sur les tours de Notre-Dame!... Demain!... l'ennemi sera à une enjambée de Paris!...