ACTE IV, SCÈNE XV
LE COMTE
chevaux d venez-vous?
Les deux chevaux du général sont là dans la cour...
LA CHAÏNOINESSE.
Ah! il y a encore un Valjuzon!... Eh bien, c'est assez pour le nom... moi, merci, je suis lasse de disputer ma vie; elle ne vaut pas la peine que je la défende plus longtemps... Merci, qu'on m'abandonne.
LE COMTE
Allons ! on ne va plus pouvoir la faire partir à présent !
PERRIN, appuyant sa main contre la porte de la cache.
Madame, et cette enfant qui est là?
LA CHANOINESSE, se dressant, marchant vers la porte et élevant la voix.
Blanche, ma nièce, vous ne voulez pas être sauvée, n'est-ce pas, par ceux qui ont combattu votre Roi?... vous ne donnerez pas la première l'exemple d'une lâcheté inconnue aux filles et aux femmes des Valjuzon, en vous mettant sous la garde honteuse de la pitié de vos ennemis... si vous faisiez cela, si vous cédiez à cette faiblesse, si vous désertiez cette fin dont Dieu vous fait la grâce... oh! il me semble qu'à mon dernier moment, à ce moment suprême où le bourreau s'approche et où les pardons du ciel descendent déjà dans l'âme, je ne vous
pardonnerais pas ! (A cette dernière phrase, Perrin laisse ouvrir la porte et se range pour laisser passer Blanche, qui se jette dans les bras de sa tante.)
BLANCHE
Ma tante !
LE COMTE
Ma sœur, sa mère lui eût-elle dit cela?
11 i LA PATRIE EN DANGER.
LA CHANOINESSE
Sa ïïlère!... (Lutte violente et sans paroles au bout de' laquelle, repoussant Blanche, elle dit à Perrin.) Eli bien, Sauvez-la donc,
monsieur !
BLANCHE, se débattant.1
Ma tante ! ma tante ! '
LE COMTE
Au nom de voire père que je représente ici et dont j'ai les droits sur la terre, Blanche, rentrez là. (n la repousse
vers la cachette. Perrin ferme la porte sur elle et s'appuie contre, les bras croisés.)
(Bruit, cris dans l'escalier.) Elle a tout détruit! tout brûlé !