‹ La Pauvre Fille, vaudeville en un acteChapitre 21 sur 21 · SCENE XX · texte numérisé non relu

SCENE XX

Les Mêmes, EUGENE, arrivant dans son vrai costume*

EUGÈNE

Qu'ai-je entendu ? quoi ! ma tante 1 Rose. . .

MAD. DE ROSEVAL.

Est cette enfant que tant de fois tu m'as vu regretter. . . et que des malheurs m'avaient forcée de confier à des mains étrangères.

rose , prenant la main de Mad. de RosevaU Je doute encore si je veille. . . vous êtes ma mère. . . ah I qu'il y a long-temps que je vous attendais

MAD. DE ROSEVAL.

Et moi, je t'ai bien cherchée... ma fille, tu trouves bien réellement une mère , et de plus un époux ! [Elle met la main d'Eugène dans la sienne» )

la guêpe, à part.

C'est ça , tous les biens à-la-fois ! ces enfans trouvés sont tous comme ça.

Archives de la Ville de Bruxelles

rose , couvrant, à Marcel, Marcel , si «u voyais comme ma mère est belle !. . mais, à quoi pensais-tu si loin de moi?

MARCEL

Je pensais. . . si vous m'oublieriez. . .

ROSE

Jamais !.. tu ne nous quitteras pas ; n'est-il pas vrai , ma mère... [à Eugène.) Car, je ne vous demande pas la permission... à vous f..

la guêpe, à pari.

C'est clair. . . il est son mari. . .

MAD. DE ROSEVAL.

Je ne pourrai jamais m'acquiter envers Marcel, il m'a conserve' plus que la fortune.

EUGENE

Et moi, que ne lui dois je pas?., [allant à Marcel,) Brave homme, je vous regarderai toujours comme mon père. . . quant à loi , La Guêpe. . . je te dois. . .

LA GUEPE

Oh! moi , je vous tiens quitte, . . [Mettant la main sur sa joue*) J'ai déjà reçu ce que vous m'aviez promis. . .

Air Vaudeville de l'Intérieur de V Etude,

MAD. DE ROSEVAL.

Tu vas être dans l'opulence Après avoir été sans biens; Et du ciel enfin la puissance A comblé tes vœux et les miens.

Aime bien ton époux, la mère...

Mais , ma fille , dans tous les temps , Souviens-loi que sur cette terre Les malheureux sont nos parens.

LA GUEPE

Plus d'un grand docteur qu'on admire Vous mèn' vite avec son savoir; A peine a-t-on le temps d'écrire A la famill1 dev'nir vous voir.

J'suis taillé sur un aulr' modèle ; Et quoiqu' médecin <le paysans , Sitôt qu'un malade m'appelle , Il peut écrire à ses parens.

EUGENE

Pour illustrer notre patrie , Tous les beaux-arts semblent s'unirj De Melpomène et de Thalie Je vois les lauriers reverdir.

Les grands écrivains de la France FurenL long-temps sans descendang ; Mais de jour en jour on commence A leur découvrir des parens.

MAD. RONDON.

Quand elP prend un1 chaîne nouvelle un1 veuv' fait jrtser bien des gi r?s ; En se r-1 mariant qu'espère-t-elle ?

Les rejetons ne pouss'nt qu'au printemps, Ce sont les femm's abandonnées Qui tienn'nt ces propos médisans...

J'espèr' bien dans quelques années Avoir augmenté mes parens.

MARCEL

Toujours nos guerriers par la gloire Furent adoptés aux combats ; Et les héros de notre histoire Revivent tous dans nos soldats.

Ils ne connaissent point dVntraves , Jéna, Cadix en sonl garans...

Chez nous la familie des braves Trouvera toujours des parens.

RONDON.

J'possède une excellente cave ; J'ai les vins les plus généreux, J'ai du Dordeaux, du Beaun' , du Grave; Mais ils n'sont pas cousins entr'eux. En en buvant j'crains qu'on n'se grise ; Comm1 j'ai les meilleurs sentimens , Avec la même eau j'ies baptise , Afin qu'ils soient un peu parens.

rose, au public»

Dans ce vaste monde perdue , J 'étais sans parens , sans amis ; Une mère enfin m'est rendue , Un époux même m'est promis.

Si dans ces lieux , pour me sourire t Tous les soirs vous êtes présens , La pauvre fille pourra dire :

J'ai retrouvé tous mes parens.

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