PÊCHE A FOUETTER
Il faut pour cette pêche beaucoup de vers blancs {asticots) mêlés avec de la terre sèche, du crottin de cheval et du son. On le tieut dans un sac de coutil, à cause de son tissu serré, ou de toile forte. On a dans un panier une sébile en bois, on y met une quantité de vers, cependant avec mesure; on choisit pour place de pèche, dans les rivières à courant, une petite langue de sable ou de terre qui avance dans l'eau et qui,ofrrant un obstacle au courant, en augmente la rapidité ; on commence par s'installer en s'asseyanf commodément, on jette quelques pincées de vers de terre pris dans le sac (car les vers de la calotte doivent être à peu près nets) ; après avoir amorcé ses trois ou quatre hameçons, ou \bivc^
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devant soi la ligne» toute éteudue, à laquelle il vaut mieux ne pas mettre de plume, et à mesure qu'elle revient à soi par le courant, on la retire d'un pied à peu près par un petit coup de poignet, et on la laisse aller d'autant. Ce mouvement de va-et-vient pique les pois* sons, qui prennent Tappât. Lorsque la ligne a pris le cou< rant,on continue le même mouvement du poignet quatre ou cinq fois ou plus, et on relance la ligne, en jetant dessus, de la main gauche, une pincée de vers, mais peu à la fois, trois ou quatre seulement ; de temps en temps on prend une petite poignée dans le sac, en ayant Tattention qu'il n'y ait pas beaucoup de vers, car la trop grande quantité ferait descendre le poisson pour les suivre au lieu de le faire monter ; mais la terre, le crottin et le son leur doiment, en remontant, l'envie d'y trouver le ver.
Quand on a fait cette pèche pendant quelques heures, on prend la ligne à rouler , qui est une ligne semblable, à l'exception qu'elle est un peu plus forte et qu'étant chargée de plus de plomb avec des hameçons un peu plus gros, elle tombe au fond, sans cependant y rester; elle fait au fond le même mouvement que la ligne à fouetter à la surface. Comme les amorces ont fait monter de gros et de moyens poissons qui se tiennent plus bas, on les prend à la ligne a rouler, qui rapporte quelquefois de fort jolies pièces.