NOVEMBRE
La murène vit de chair; elle se tient cachée pendant le froid dans les rochers, ce qui fait qu'on n'en pêche que dans certains temps. Les pêcheurs craignent la morsure de ce poisson, parce qu'il est venimeux et dangereux ; ils ne le touchent, lorsqu'il est vivant, qu'avec des pincettes; ils lui coupent la tête. On ne pêdhe de murènes que sur les bords. caillouteux des rochers ; on y jette un peu de sang, et à l'instant on y voit venir la murène, qui avance sa tête entre deux rochers. Aussitôt qu'on lui présente un hameçon amorcé de chair de crabe ou de quelque autre poisson, elle se jette dessus, et l'entraîne dans son trou. 11 faut alors avoir l'adresse de la tirer tout d'un coup; car, si on lui donnait le temps de s'attacher par la queue, on lui arracherait plutôt la mâchoire que de la prendre. Quoique la murène soit hors tle l'eau, on ne la fait pas mourir sans beaucoup de peine, à moins qu'on ne lui coupe le bout de la queue.
La chair de murène est blanche, grasse, molle, d'assez bon goût, et à peu près aussi nourrissante que celle de * l'anguille. Les grandes sent beaucoup meilleures que les petites.
NOVEMRRE.
Les gardons et les chevennes abandonnent la surface de l'eau ai les eaux sans profondeur; ils se ré-
lugient dans les trous jusqu'à la fia de l'hiver; il^ mordent encore à Thameçon, mais au milieu du Jour, ainisi que le brochet ; les vaudoises ne mordent plus guère, et on ne recommencera à en prendre que du 20 février au 8 mars.
A la mer, c'est l'époque des grandes pêches de Iferengs, de congres et de toutes sortes de gros poissons.