‹ La pêche en eau douce et en eau salée: histoire, mœurs, habitudes desChapitre 134 sur 148 · THON · texte numérisé non relu

THON

quantité prodigieuse de thons qui l'accompagnèrent pendant quarante-sept jours ; ils disparurent tous au moment que l'on quitta TOcéan pour entrer dans le détroit de Gibraltar.

Le thon se trouve en abondance dans la Méditerranée, et principalement sur les côtes de la Provence ; on y en prend qui pèsent jusqu'à cent vingt livres et plus. On a préparé pour cela une pêcherie qu'on appelle madrague; on Ty prend avec une espèce de rets ou de gros filet qu'on appelle thonaire. Il se fait aussi une pêche abondante de thons sur les côtes de Basques et de Latour, dans le ressort de l'amirauté de Rayonne. Cette pèche commence à la mi-avril et se continue jusqu'au commencement d'octobre. Là, elle se fait à la ligne, le bateau à la voile ; l'hameçon est recouvert d'un vieux linge ou d'un petit sac taillé en forme de sardine, dont les thons sont très-friands : comme ce poisson est vorace, il gobe aussitôt rhameçon; chaque bateau ramène quelquefois cent cinquante thons. La chair du thon ressemble à celle du veau; l'endroit le plus délicat est la poitrine. Quand il est nouvellement péché et qu'on le coupe aussitôt, sa chair est rouge ; elle est ferme, très-bonne à manger et nourrissante; on la mange rôtie. On la sale aussi pour la conserver, ou on la marine étant cuite avec l'huile de Provence et le sel. On transporte partout de ce poisson mariné et dépecé par tronçons, sous le nom de thonine.

Les Sinopienà tiraient autrefois un grand profit de la

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pêche du thon qui se faisait sur leur rivage^ où, en certain temps, selon Strabon, ce poisson se vendait en quantité ; c'est la raison pour laquelle ils le représentaient sur leurs monnaies, comme il parait par les médailles de Géta. Ce poisson venait des Palus-Héotides, passait à Tr&izonde et à Pbarnacie, . où l'on en faisait la première péchc|. Le thon allait ,de là le long de la c01e de Sinope, où s'en faisait la seconde pêche ; il traversait ensuite jusqu'à Byzance, où s'en faisait la troi^^e pêche. Les Romains qui allaient à la pêche des thons faisaient des sacrifices de thons à Neptune, pour le prier de détourner de leurs filets les poissons qui les déchiraient, et de prévenir les secours que les dauphins rendaient aux thons, en^pêcbant par là le succès de leur pèche.

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