BALEINE
Balxfia.
G est le plus grand de tou& les animaux connus. La baleine semble un colosse organisé ; son san^ est très-
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chaud ; elle respire comme les animaux terrestres, par le moyen des poumons, et voilà pourquoi elle ne peut rester sous Teau; elle est vivipare, et son lait sert à nourrir ses petits ; elle a sur la tête une ou deux ouvertures, nommées évents^ qui lui servent à rejeter Teau qu'elle a avalée en trop grande abondance. Cet animal a des nageoires d'une structure et d'une force proportionnées à sa masse. Les nageoires des vrais poissons sont composées d'arêtes jointes les unes aux autres par des membranes fort minces ; les baleines ont à leur place des os articulés, figurés comme ceux de la main et des doigts de l'homme, et qui sont mis en mouvement par de^s muscles vigoureux. La baleine a en outre une queue large et épaisse, couchée horizontalement sur l'eau pour diriger sa course, et modérer sa descente, afin que rénorme poids de son corps ne se brise pas contre les rochers quand elle veut plonger. La baleine s'abaisse dans les eaux ou s'élève à son gré. Du fond de sa gueule part un gros intestin d'une telle largeur, qu'un homme y passerait tout entier ; cet intestin est un grand magasin d'air (Qu'elle porte avec elle ; par ce moyen elle se rend plus légère ou plus pesante, selon qu'elle l'ouvre ou qu'elle le comprime pour augmenter ou pour diminuer la quantité d'air qu'il renferme. La langue de ce faux poisson n'est presque qu'un gros morceau de graisse, dont on peut remplir plusieurs tonneaux. Les yeux ne sont pas plus grands que ceux d'un bœuf. Contre l'économie animale des poissons, ses yeux sont revêtus de paupières
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et de sourcils, comme ceux dqs animaux terrestres. La couche énorme de graisse- qui enveloppe les baleines allège beaucoup la masse de leur* corps. D*ailleurs, cette enveloppe de graisse tient Teau à une distance convenable du salig, et par là le poisson conserve sa chaleur na^ turelle.
On a vu des baleines qui avaient jusqu'à cent cinquante et même deux cents pieds^ de long ; quelques voyageurs prétendent même qu'il en existe dans les mers de la Chine qui ont encore beaucoup plus de longueur. ^
La mère porte son fruit neuf ou dix mois ; son petit à sa naissance a plus de dix pieds de longueur et est pour le moins de la grosseur d'un taureau : la baleine en a un soin particulier ;' elle l'emporte partout avec elle lorsqu'on la poursuit, le serre adroitement avec les nageoires, et ne l'abandonne pas, même quand elle se sent blessée 5 Quand elle se plonge au fond de l'eau, elle pourrait rester plus d'une deini-heure sans revenir prendre l'aii , mais elle remonte beaucoup plus lot, parce qu'elle sent que son petit ne peut rester si longtemps sous Feau sans respirer. Les petits tettent pendant un an ; ils sont alors extrêmement gras, et donnent cinquante tonneaux de graisse ; quand ils ont deux ans, ils n'en donnent plus que vingtJiuit; après ce temps, on ne sait leur âge que par la longueur de leurs barbes.
La baleine, malgré l'énormitè de sa taille, ne se nourrit que d'insectes et tout au plus de menus poissons, tels
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que les merlans et les anchois ; on ne saurait donc trop recommander aux jeunes curés envoyés sur les côtes de parler le moins possible aux pêcheurs de Thistoiré de Jonas. Il n'est pas rare de voir sur son corps des plantes» des coquillages, ou autres animaux testacés, qui s*y sont attachés. 11 serait bien facile d'étendre cette notice, mais il n'y a guère de chance que vous preniez une baleine. Si j'ai parlé de ce cétacé, c'est à cause d'une plaisanterie éternelle que l'on fait aux pécheurs dont la ligne s*accroche au fond; il est d'usage que le spectateur de cette accident s'écrie : « Vous avez peut-être pris la baleine. »