livre est à la fois le livre des penseurs et des gens du monde
Ils se plaisent, comme l'a dit Voltaire :
A lire ses écrits pleins de grâce et de sens
Comme on boit un vin vieux qui rajeunit les sens ;
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Avec lui l'on apprend à souffrir l'indigence,
À jouir sagement d'une honnête opulence,
A vivre avec soi-même, à servir ses amis,
LEE moment
A se moquer un peu de ses sots ennemis, Ë A sortir d’une vie ou triste ou fortunée, |
En rendant grâce aux Dieux de nous l'avoir donnée,
Juge 50 , vers 7.
Fait voir en d’autres temps l'amant de Léonore.
Santé, fortune, liberté, bonheur, le Tasse perdit tout; mais sa passion malheureuse pour la sœur du duc de Ferrare et le ressentiment d’Alphonse mirent le comble à ses infortunes ; on ne le voit que pour l’admirer et le plaindre, Comme il intéresse lorsque redoutant le ressentiment d’Alphonse, et ne pouvant plus s'adresser à la duchesse d’Urbin !, il sort secrètement de la ville sans ar-
1 * Dans un égarement funeste il avait armé son bras contre : 1]
4 un domestique de la duchesse d’Urbin, sous les yeux mêmes de | h cette princesse.
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gent, sans guide et presque sans vêtements ! il prend les chemins les plus écartés pour se mettre à l'abri des poursuites, il évite les lieux habités et s’égare dans les montagnes; là se confiant à l'hospitalité des bergers dont il emprunte même les haillons, déguisé en pâtre, il gagne la maison de sa sœur, s’annonce comme un berger de Torquato, et lui fait un récit pathétique des dangers auxquels son frère est exposé. Cornélia en frémit et lui donne des marques du plus violent désespoir. Le Tasse ému se trahit par ses larmes. Îl jouissait enfin du bonheur de se trouver au sein de sa famille qui lui prodigwait les soins les plus touchants, il revoyait les lieux qui l'avaient vu naître, mais qu'iln’osait interroger de peur de réveiller d’anciens souvenirs. Hélas! que peuvent-ils m’apprendre ? s’écriait-il dans sa douleur, mes malheurs ont commencé avec ma vie. Livré dès l'enfance aux traits d’une divinité implacable, je fus impitoyablement arraché aux embrassements de ma mère. Ah! je me rappelle en soupirant, les baisers dont elle me couvrit, les larmes amères qu’elle répandit à mon départ ; je n’ai pas oublié ses vœux ardents que les vents ont emporté ; je ne devais plus être serré dans ses bras, uirapprocher mon visage du sien ; malheureux! semblable à Ascagne et à Camille, je suivais d’un pas mal assuré mon père errant et proscrit; c’est dans la pauvreté et dans l'exil que j'ai grandi.
Voy. Biographie universelle, VIE Du TASSE, et la notice sur la vie etle caractère du Tasse, par M. Suarp.
La vie du Tasse nous offre mille traits de ce genre, cette vie qui dans tout son cours nous fait voir l’inconstance de la fortune, et l'instabilité des choses humaines, qui nous montre partout le génie aux prises avec le malheur, et le néant de la gloire, est une source féconde où lepeintre peut puiser et faire partager des émotions morales, instructives et touchantes.
Page 50, vers 9.
Galilée en dépit de prêtres furieux.
Galilée, à l’âge de soixante-dix ans, demanda pardon d'avoir soutenu une vérité et l’abjura les genoux à terre et les mains sur l'Evangile, comme une absurdité, une erreur, une hérésie : « Corde sincero et fide non fictd ab- Juro, maledico et detestor suprà dietos errores et hereses.» Mais dans l'instant même qu'il se releva, agité par les remords d’avoir fait un faux serment, les yeux baissés vers la terre, il dit en la frappant du pied : Cependant elle remue : e pur st move. Content de sa soumission, les
cardinaux inquisiteurs, qui, par leur jugement, s'attirèrent
le mépris et l’indignation de toute l'Europe, le renvoyèrent dans les états du duc de Florence, où il eut pour prison la petite ville d’'Arretri. Là ce grand homme reprit ses travaux astronomiques ; il mourut à soixante-dix-sept ans, et fut inhumé sans pompe à côté du tombeau de Michel- Ange ;
Galilée expia par dix ans de prison, L'inexcusable tort d’avoir trop tôt raison.